Quels bénéfices cardiovasculaires pour les diabétiques de type 2 athéroscléreux sous ertugliflozine ?

20/10/2020 Par Pr Philippe Chanson
Diabétologie Endocrinologie-Métabolisme

Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de morbidité et de mortalité chez les patients diabétiques de type 2. Plusieurs études préalables ont montré que les inhibiteurs de SGLT2 présentaient des bénéfices constants sur certains items comme l’hospitalisation pour insuffisance cardiaque ou la progression de la maladie rénale. L’ertugliflozine est un inhibiteur de SGLT2 oral, sélectif et l’étude VERTIS CV s’est donné pour objectif d’analyser, de manière plus générale, les effets cardiovasculaires de l’ertugliflozine. Dans une étude en double aveugle, multicentrique, des diabétiques de type 2 ayant une pathologie cardiovasculaire athéroscléreuse ont été assignés de manière randomisée à recevoir soit 5 mg, soit 15 mg d’ertugliflozine, soit du placebo et cela une fois par jour. L’objectif principal était de montrer la non-infériorité de l’ertugliflozine en comparaison du placebo en termes d’événement cardiovasculaire majeur (critère composite de décès de cause cardiovasculaire, d’infarctus du myocarde non fatal ou d’accident vasculaire cérébral non fatal). 1246 patients ont été randomisés et suivis pendant une durée moyenne de 3.5 années. Sur les 8238 qui ont reçu au moins une dose d’ertugliflozine ou de placebo, un événement cardiovasculaire majeur est survenu chez 653 des 5493 patients (11.9 %) du groupe ertugliflozine et chez 327 des 2745 patients (11.9 %) ayant reçu du placebo, donnant un hazard ratio de 0.97 ; IC 95 % = 0.85 à 1.11 ; p < 0.001 pour la non-infériorité. Le décès de cause cardiovasculaire ou l’hospitalisation pour insuffisance cardiaque sont survenus chez 444 des 5499 patients (8.1 %) dans le groupe ertugliflozine et chez 250 des 2747 patients (9.1 %) dans le groupe placebo, donnant un hazard ratio de 0.88 (0.75 à 1.03 ; p = 0.11 pour la supériorité). Le hazard ratio pour le décès de cause cardiovasculaire était de 0.92 (0.77 – 1.11) et le hazard ratio pour le décès de cause rénale pour un traitement de type dialyse ou transplantation ou le doublement de la créatininémie était de 0.81 (0.63 - 1.04). Les amputations ont été nécessaires chez 54 patients (2 %) qui recevaient 5 mg d’ertugliflozine et chez 57 patients (2.1 %) de ceux qui recevaient la dose de 15 mg alors qu’elles ont été observées chez 45 patients (1.6 %) de ceux qui ont reçu du placebo. Chez les patients diabétiques de type 2 ayant une pathologie cardiovasculaire athéroscléreuse, l’ertugliflozine n’est pas inférieure au placebo pour ce qui concerne les événements cardiovasculaires majeurs.

Faut-il supprimer les ARS ?

Valérie Briole

Valérie Briole

Non

Quel interlocuteur à la place ? Le préfet ? Il n’a pas connaissance des enjeux de santé publique ni des coûts réels des soins. Le... Lire plus

5 débatteurs en ligne5 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Témoignage
"Ma concentration ne dépassait pas les 30 minutes" : médecin généraliste, elle raconte "l'enfer" de son burn...
15/04/2026
21
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
15
Psychiatrie
"La caisse me réclame plus de 40.000 euros" : le combat d'un psychiatre pour des prescriptions basées sur les...
08/04/2026
20
Maladies rares
Qu’est-ce que le syndrome de Moersch-Woltman, dont est atteinte Céline Dion ?
01/04/2026
14
Déontologie
"On m'a sali alors que je n'ai fait que rendre service" : un médecin retraité jugé pour avoir continué à...
10/03/2026
0
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2