L’Académie veut améliorer le dépistage précoce de l’hémochromatose et sa prise en charge

01/06/2021 Par Marielle Ammouche
Endocrinologie-Métabolisme
A l’occasion de la semaine mondiale de l’hémochromatose qui aura lieu du 1er au 5 juin 2021, l’Académie nationale de médecine alerte sur les difficultés auxquelles sont confrontés les malades. Et en premier lieu le manque d’information de la population mais aussi des professionnels de santé, qui a pour conséquence un retard à la prise en charge précoce, préjudiciable pour les patients.

  En effet, cette maladie génétique qui entraine une surcharge en fer liée à un défaut en hepcidine, et qui est présente chez plus de 6 sujets dits « caucasiens » sur 1000, se révèle généralement à l’âge adulte. Elle est source d’une morbidité (fatigue, impuissance, douleurs articulaires, ostéoporose, hypertrophie du foie, diabète, teint bronzé) et d’une mortalité (cirrhose, cancer du foie, atteinte cardiaque) importantes. Le diagnostic précoce est donc fondamental. Il est simple et non invasif, à condition d’y penser, basé sur la clinique, la biologie (élévation dans le sang du coefficient de saturation de la transferrine et de la ferritine), présence de la mutation C282Y en double exemplaire), et l’imagerie (« IRM-fer »). Ce diagnostic précoce est d’autant plus important que l’hémochromatose bénéficie d’un traitement simple et efficace - les saignées -, en attendant de nouvelles options thérapeutiques représentées par la supplémentation en hepcidine. Cependant, « en raison d’une valorisation financière insuffisante de l’acte de saignée, l’offre de soins s’est considérablement réduite ces dernières années avec des délais d’attente entraînant une perte de chances pour un grand nombre de malades », alerte d’Académie de médecine. « Cette évolution est d’autant plus regrettable que l’hémochromatose bénéficie d’une reconnaissance institutionnelle par le biais d’un centre national de référence travaillant en lien étroit avec plusieurs centres de compétence. Elle bénéficie aussi d’un fort soutien associatif ».

L’Académie recommande donc de « revaloriser de manière urgente l’acte de saignée, traitement encore tout à fait actuel, afin de permettre un accès aux soins qui n’est plus aujourd’hui assuré de manière satisfaisante dans notre pays ». Elle insiste sur la nécessité d’améliorer le repérage de la maladie en améliorant les connaissances des personnels de santé, en formation et en exercice, sur l’hémochromatose de manière, et « en développant un vrai maillage national pour la réalisation des enquêtes familiales, et en engageant une stratégie de dépistage de population, à partir de l’âge adulte jeune, basé sur des tests sanguins simples comme la combinaison du coefficient de saturation de la transferrine et du taux de ferritinémie ».

Faut-il supprimer les ARS ?

Valérie Briole

Valérie Briole

Non

Quel interlocuteur à la place ? Le préfet ? Il n’a pas connaissance des enjeux de santé publique ni des coûts réels des soins. Le... Lire plus

5 débatteurs en ligne5 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Témoignage
"Ma concentration ne dépassait pas les 30 minutes" : médecin généraliste, elle raconte "l'enfer" de son burn...
15/04/2026
21
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
15
Psychiatrie
"La caisse me réclame plus de 40.000 euros" : le combat d'un psychiatre pour des prescriptions basées sur les...
08/04/2026
20
Maladies rares
Qu’est-ce que le syndrome de Moersch-Woltman, dont est atteinte Céline Dion ?
01/04/2026
14
Déontologie
"On m'a sali alors que je n'ai fait que rendre service" : un médecin retraité jugé pour avoir continué à...
10/03/2026
0
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2