Soins de développement en néonatologie : des progrès à poursuivre

27/01/2022 Par Muriel Pulicani
Pédiatrie
Les soins de développement ont permis d’améliorer la survie des prématurés et de réduire les séquelles lourdes. Cette approche individualisée s’appuie sur l’observation du comportement du bébé, des actions sur l’environnement et l’intégration des parents comme partenaires de soin, ont souligné les spécialistes lors des 55èmes Journées parisiennes de pédiatrie (10 et 11 décembre 2021).

  "Seuls 60 % des enfants nés à 25 semaines de gestation n’ont aucune séquelle. Il y a encore beaucoup de progrès à faire !", pointe le Pr Bernard Guillois, chef du service néonatalogie du CHU de Caen et vice-président du réseau de périnatalité de Basse-Normandie. "Les troubles du développement neurologique peuvent entraîner un déficit cognitif, moteur et sensoriel, associé à des troubles psychologiques, des troubles du comportement (anxiété, dépression, troubles de l’attention…) et des troubles de la personnalité", ajoute le Dr Béatrice Boutillier, néonatologue à l’hôpital Robert-Debré (Paris). Initiées durant la période de neuroplasticité cérébrale maximale, les interventions précoces ont montré leur efficacité sur le neurodéveloppement à terme : meilleure régulation, stabilité des déficits cognitifs et des troubles comportementaux dès 18 mois, tonus plus soutenu, moindre stress…   Des soins personnalisés
  La première étape consiste à observer le comportement du bébé (signes de retrait, de stress ou de bien-être). Formalisées par des programmes dédiés (Bullinger, NIDCAP, Kangaroo Mother Care…), les actions portent sur toutes les composantes de la vie du nouveau-né : respect des rythmes (sommeil et nutrition), prise en charge de la douleur et du stress (analgésie médicamenteuse, cocon, succion, enveloppement…), environnement adapté (lumières, bruits…). La présence en continu des parents et leur participation aux soins doit être encouragée. "L’installation immédiate du peau à peau avec la mère est hautement recommandée à partir de 35 semaines si l’état clinique du bébé le permet", indique le Dr Élodie Zana-Taïeb, pédiatre au service de médecine et réanimation néonatale de l’hôpital Cochin (Paris). "Cela a des bénéfices sur la stabilité physiologique, le neurodéveloppement, le comportement, le sommeil, la douleur, mais aussi l’allaitement, l’attachement, le stress parental. A chaque étape, il faut informer et soutenir les parents dans leurs compétences."   Prise en charge psychologique Les soins de développement visent également à rassurer les parents. "Jusqu’à 40 % des mères sont en état dépressif dans les deux premiers mois de vie de l’enfant grand prématuré contre 10 % en population globale. Et jusqu’à 34 % sont en état de stress post traumatique à 18 mois, contre 4 % si l’enfant est né à terme », souligne le Dr Boutillier. L’accompagnement des parents comprend plusieurs composantes : l’éducation, le soutien psychosocial, l’intervention thérapeutique ciblée sur le nouveau-né. "L’équipe soignante doit amener la famille à exprimer ses besoins, les reconnaître et y répondre de manière adaptée, guider l’interaction avec l’enfant, aider à créer un lien. La fenêtre d’action est limitée aux deux premières années de vie", reprend le Dr Boutillier. "Pour que les programmes soient efficaces, la prise en charge précoce doit être complétée par une intervention à l’âge préscolaire et scolaire, intégrant des visites à domicile et impliquant psychologue, orthophoniste, psychomotricien, kinésithérapeute", ajoute le Pr Guillois.

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