Agonistes du récepteur du GLP1 : un risque de pathologie biliaire ou vésiculaire à prendre en compte

17/05/2022 Par Pr Philippe Chanson
Endocrinologie-Métabolisme
Les agonistes du récepteur du GLP1 sont très utilisés pour leurs effets chez les patients diabétiques de type 2, non seulement pour le contrôle glycémique mais également pour la réduction du risque cardiovasculaire.

Plus récemment, ils ont également été utilisés pour aider à la perte de poids indépendamment de l’existence d’un diabète. Toutefois l’association entre les agonistes du récepteur du GLP1 et les pathologies biliaires reste controversée, ce qui a amené une équipe chinoise à faire une revue systématique avec méta-analyse des essais randomisés contrôlés comparant l’utilisation des analogues du récepteur du GLP1 avec du placebo ou avec d’autres médicaments non analogues du GLP1. Le critère d’évaluation principal était un critère composite des maladies de la vésicule ou de pathologies biliaires. Soixante-seize essais randomisés, contrôlés, impliquant 103 371 patients, d’âge moyen 57.8 ± 6.2 ans dont 40.5 % étaient des femmes ont été inclus. Dans tous les essais inclus, la randomisation aux analogues du récepteur du GLP1 était associée à une augmentation du risque de pathologie biliaire ou vésiculaire (risque relatif = 1.37 ; IC 95 % = 1.23 – 1.52), particulièrement de lithiase vésiculaire (RR = 1.27 ; 1.10 – 1.47), de cholécystite (RR = 1.36 ; 1.14 – 1.62) et de pathologie biliaire (RR = 1.55 ; 1.08 – 2.22). L’utilisation des agonistes du récepteur du GLP1 était aussi associée à une augmentation du risque de pathologie biliaire ou vésiculaire dans les essais menés uniquement pour perdre du poids (13 essais ; RR = 2.29 ; 1.64 – 3.18) ou dans les essais chez les patients diabétiques de type 2 ou pour d’autres pathologies (n = 63 ; RR = 1.27 ; 1.14 – 1.43 ; p < 0.001 pour l’interaction). Parmi toutes les études, l’utilisation des analogues du récepteur du GLP1 était associée à un risque supérieur de pathologie vésiculaire ou biliaire aux doses les plus élevées en comparaison des doses les plus faibles (RR = 1.56 ; 1.36 – 1.78 vs RR = 0.99 ; 0.73 – 1.33 ; p = 0.006) pour l’interaction et lorsque la durée d’action était plus prolongée (RR = 1.40 ; 1.26 – 1.56) en comparaison des études de durée plus courte (RR = 0.79 ; 0.48 – 1.31 ; p = 0.03 pour l’interaction). En conclusion, cette revue systématique avec méta-analyse des essais randomisés contrôlés montre que les agonistes du récepteur du GLP1 sont associés à une augmentation du risque de pathologie vésiculaire ou biliaire, particulièrement lorsqu’ils sont utilisés à forte dose ou pendant une longue durée d’action ainsi que lorsqu’ils sont utilisés pour perdre du poids.

Faut-il supprimer les ARS ?

Marie GILARDI

Marie GILARDI

Oui

Leur communication est opaque Ils ne comprennent rien au terrain Ils ont une logique comptable Ils ont et ont participé à la... Lire plus

 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Témoignage
"Ma concentration ne dépassait pas les 30 minutes" : médecin généraliste, elle raconte "l'enfer" de son burn...
15/04/2026
21
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
15
Psychiatrie
"La caisse me réclame plus de 40.000 euros" : le combat d'un psychiatre pour des prescriptions basées sur les...
08/04/2026
20
Maladies rares
Qu’est-ce que le syndrome de Moersch-Woltman, dont est atteinte Céline Dion ?
01/04/2026
14
Déontologie
"On m'a sali alors que je n'ai fait que rendre service" : un médecin retraité jugé pour avoir continué à...
10/03/2026
0
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2