Une sécrétion autonome faible de cortisol associée à un hyperaldostéronisme primaire augmente le risque de complication rénale

23/05/2022 Par Pr Philippe Chanson
Endocrinologie-Métabolisme
Dans l’hyperaldostéronisme primaire, l’atteinte rénale a été identifiée comme une comorbidité importante. On sait qu’une production excessive de cortisol peut aussi entraîner des complications rénales. Or certains adénomes de Conn sécrétant de l’aldostérone ont une sécrétion concomitante faible de cortisol. Cela pourrait-il prédisposer les patients ayant un hyperaldostéronisme primaire aux complications rénales ? Pour le vérifier, un groupe multicentrique japonais d’étude sur l’hyperaldostéronisme primaire a analysé si la concomitance d’une sécrétion autonome faible de cortisol par un adénome de Conn augmentait ou non le risque de complication rénale dans le cadre d’une étude transversale rétrospective.

Un total de 1 310 patients ayant un hyperaldostéronisme primaire ont été répartis en 2 groupes en fonction du test de freinage minute à la dexaméthasone. Si le test de freinage (1 mg de dexaméthasone à minuit et dosage du cortisol le lendemain matin) montrait une réponse insuffisante avec un cortisol restant > 18 ng/ml, les patients étaient considérés comme ayant une sécrétion autonome de cortisol associée à leur hyperaldostéronisme primaire (sécrétion autonome faible de cortisol SAFC ; 340 patients). La prévalence des complications rénales de ce groupe a été comparée à celle des patients sans sécrétion autonome de cortisol associée (n = 970). La prévalence d’une baisse du taux de filtration glomérulaire et d’une protéinurie étaient quasiment double dans le groupe des patients ayant une SAFC en comparaison des patients n’ayant pas de SAFC. Non seulement la concentration d’aldostérone plasmatique mais aussi la présence d’une SAFC étaient identifiées comme des facteurs indépendants associés à la baisse du taux de filtration glomérulaire mais aussi à l’apparition d’une protéinurie. Le risque d’une baisse du taux de filtration glomérulaire et la présence d’une protéinurie chez les patients qui avaient une SAFC et des niveaux élevés d’aldostérone plasmatique étaient plusieurs fois supérieurs à ceux qui n’avaient pas de SAFC et avaient des taux plus bas d’aldostérone plasmatique. En conclusion, la présence d’une sécrétion autonome faible de cortisol associée à la sécrétion d’aldostérone dans le cadre d’un hyperaldostéronisme primaire, prédispose à un risque supérieur de développer des complications rénales comme une baisse de la filtration glomérulaire et une protéinurie. Et ce d’autant plus si la sécrétion d’aldostérone est élevée.

Faut-il supprimer les ARS ?

Marie GILARDI

Marie GILARDI

Oui

Leur communication est opaque Ils ne comprennent rien au terrain Ils ont une logique comptable Ils ont et ont participé à la... Lire plus

 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Témoignage
"Ma concentration ne dépassait pas les 30 minutes" : médecin généraliste, elle raconte "l'enfer" de son burn...
15/04/2026
21
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
15
Psychiatrie
"La caisse me réclame plus de 40.000 euros" : le combat d'un psychiatre pour des prescriptions basées sur les...
08/04/2026
20
Maladies rares
Qu’est-ce que le syndrome de Moersch-Woltman, dont est atteinte Céline Dion ?
01/04/2026
14
Déontologie
"On m'a sali alors que je n'ai fait que rendre service" : un médecin retraité jugé pour avoir continué à...
10/03/2026
0
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2