L’immunothérapie du cancer induit un faible surrisque de diabète de type 1

30/05/2022 Par Pr Philippe Chanson
Cancérologie Diabétologie
Les inhibiteurs des points de contrôle de l’immunité (IPCI) utilisés dans l’immunothérapie du cancer, qu’il s’agisse des anti-CTLA-4, des anti-PD-1 ou des anti-PD-L1, ont révolutionné le traitement du cancer. Néanmoins, en réactivant les cellules T, ces traitements sont associés à des effets secondaires auto-immuns dont les plus connus, sur le plan endocrinien, sont les thyropathies auto-immunes ou les hypophysites.

  Le diabète de type 1 (DT1) peut aussi compliquer, plus rarement, ces traitements par IPCI. Toutefois, les facteurs de risque cliniques de ce DT1 secondaire aux IPCI sont mal connus, amenant une équipe américaine à utiliser une base de données constituée par une large cohorte de patients traités par IPCI entre 2017 et 2020, aux Etats-Unis. Chez 261 des 30 000 patients traités par IPCI, soit 0.86 %, un DT1 a été observé. C’était l’association d’anti-CTLA-4 + anti-PD-1 ou + anti-PD-L1 qui était associée au risque le plus élevé de DT1 (hazard ratio = 1.62 ; IC 95 % = 1.15 – 2.26) en comparaison des anti-PD-L1 seuls ou des anti-PD-1 seuls. Un âge plus jeune avec hazard ratio de 1.19 (1.13 – 1.25) pour chaque diminution de 5 ans de l’âge et un diabète non de type 1 préexistant (HR = 4.48 ; 3.45 – 5.83) étaient aussi associés à un risque supérieur de DT1 secondaire aux IPCI. A l’inverse, l’utilisation préalable de traitements immunosuppresseurs (HR = 0.57 ; 0.34 – 0.95) était associée à une incidence plus basse de DT1 mais il est possible que cet effet protecteur soit en partie lié à un taux de mortalité supérieur. Le développement du DT1 ne semble pas affecter de manière significative la survie des patients. En conclusion, le risque de DT1 compliquant une immunothérapie du cancer par IPCI dépend du type d’immunothérapie utilisé, de l’âge du patient et de la préexistence d’un diabète non type 1. Ce risque reste néanmoins très faible (moins de 1 %).

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