Co-prescription d’inhibiteurs de PDE5 et de dérivés nitrés chez les patients avec cardiopathie ischémique : pas de risque accru d’événements cardiovasculaires

30/08/2022 Par Pr Philippe Chanson
Diabétologie Endocrinologie-Métabolisme
L'utilisation concomitante de dérivés nitrés et d’inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5 (PDE5) est classiquement contre-indiquée en raison d'un effet synergique sur la pression artérielle responsable, selon plusieurs études, d’hypotension artérielle, potentiellement à l’origine d’accidents ischémiques chez les patients coronariens prenant des dérivés nitrés.

  Du fait de l’indication de plus en plus fréquente des inhibiteurs de PDE5 pour dysfonction érectile, en particulier chez les diabétiques, le risque de co-prescription de ces 2 classes de médicaments est, de fait, croissant. Pour autant, les accidents ischémiques ont-ils explosé dans cette population ? Afin de répondre à cette question et connaître, en vie réelle, le risque de cette co-prescription, une étude nationale de patients danois masculins a été menée entre 2000 et 2018. L’étude a porté sur les sujets atteints de cardiopathies ischémiques (CI), y compris ceux qui prenaient de manière continue des dérivés nitrés et chez lesquels une nouvelle ordonnance d’inhibiteurs de la PDE5 était prescrite. Deux résultats composites ont été mesurés : 1) arrêt cardiaque, choc, infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral ischémique ou artériographie coronarienne aiguë et 2) syncope, angine de poitrine ou événement indésirable lié au médicament. De 2000 à 2018, 249 541 patients masculins atteints de cardiopathie ischémique ont été identifiés. Parmi ceux-ci, 42 073 patients recevaient de manière continue des dérivés nitrés. Durant cette période, le taux de prescription d'inhibiteurs de la PDE5 chez les patients atteints de cardiopathie ischémique qui prenaient des dérivés nitrés est passé d'une moyenne de 0,9 prescriptions (IC 95 % = 0,5 à 1,2) pour 100 personnes par an en 2000 à 19,5 prescriptions (18,0 à 21,1) en 2018. Aucune association statistiquement significative n'a été trouvée entre la co-prescription de dérivés nitrés avec des inhibiteurs de la PDE5 et le risque pour l'un ou l'autre des résultats composites (odds ratio = 0,58 ; IC = 0,28 à 1,13 et 0,73 ; IC = 0,40 à 1,32). Ainsi, de 2000 à 2018, l'utilisation d'inhibiteurs de la PDE5 a été multipliée par 20 chez les patients danois atteints de cardiopathie ischémique qui prenaient des dérivés nitrés. Aucune association statistiquement significative n'a pu être identifiée entre l'utilisation concomitante de ces médicaments et les événements cardiovasculaires.

Faut-il restreindre les conditions d'accès au secteur 2?

Herve  Koskas

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Nous restons dans le gre à grè. L information doit etre claire: pas de surprise ; pas de dessous de table; c'est le but du S2 !. ... Lire plus

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