De l’importance de la qualité de l’IRM et de l’expérience de celui qui interprète les images pour détecter un microadénome en cas de maladie de Cushing

19/09/2022 Par Pr Philippe Chanson
Endocrinologie-Métabolisme
La maladie de Cushing est un hypercortisolisme en rapport avec une sécrétion excessive d’ACTH provenant d’un microadénome hypophysaire. Du fait de sa rareté, de son caractère insidieux et de symptômes non spécifiques, un retard de plusieurs années avant la confirmation du diagnostic est fréquent. Dans le bilan diagnostique initial, l’imagerie à la recherche du microadénome est souvent hésitante, ce qui accroît la difficulté diagnostique.

Une équipe allemande de Tübingen a voulu comparer l’IRM faite en vie réelle lors du diagnostic initial d’une maladie de Cushing avec l’IRM de haute qualité réalisée dans un second temps dans leur centre de référence pour les maladies hypophysaires. Ils ont donc analysé, de manière rétrospective, 139 patients ayant une maladie de Cushing et qui avaient eu une chirurgie trans-sphénoïdale permettant de retirer le microadénome corticotrope et qui avaient eu à la fois une IRM faite dans une autre institution (IRM externe) et une IRM faite dans leur propre institution. L’interprétation préopératoire des IRM était faite de manière indépendante par un radiologue hors de leur institution, par un neuroradiologue interne à leur institution et par un chirurgien hypophysaire. La détection intra opératoire de l’adénome et la rémission endocrinologique permettaient d’apporter la preuve de la présence d’un adénome et de sa localisation réelle chez 105 patients. L’interprétation des IRM faites à l’extérieur par un radiologue extérieur à l’institution et par le chirurgien était concordante dans 64 % des cas (89/139) alors que l’interprétation des IRM par un radiologue de l’institution était concordante avec celle du chirurgien dans 74.1 % (103/139). Sur la base de l’IRM faite à l’extérieur, la vraie localisation de l’adénome était prédite de manière correcte dans seulement 46.7 % des patients par un radiologue extérieur et dans 65.7 % des cas par le chirurgien. Au contraire, la sensibilité pour identifier de manière correcte l’adénome sur une IRM faite dans l’institution était de 80 % lorsque l’interprétation était faite par le radiologue de l’institution et de 94.3 % lorsque l’interprétation était faite par le chirurgien. En conclusion, aussi bien la qualité de l’IRM que l’expérience de celui qui en fait l’interprétation (qu’il s’agisse du neuroradiologue ou qu’il s’agisse du neurochirurgien expérimenté) sont décisives pour la détection des microadénomes dans la maladie de Cushing. Il faut donc tout faire pour réaliser des IRM de bonne qualité et pour les faire interpréter par des experts afin de bien faire le diagnostic de maladie de Cushing.

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