Prévention primaire des maladies cardiovasculaires chez les adultes : actualisation des données

27/09/2022 Par Pr Philippe Chanson
Cardio-vasculaire HTA
En 2016, une revue pour l’USPSTF (US Preventive Services Task Force) a montré que l’utilisation des statines en prévention primaire des maladies cardiovasculaires était associée à une réduction de la mortalité et des complications cardiovasculaires. Afin d’actualiser cette revue publiée il y a 6 ans sur l’utilisation des statines en prévention primaire des maladies cardiovasculaires, une nouvelle analyse a été faite à partir des essais randomisés sur les statines en comparaison du placebo ou en comparaison de l’absence de statines et en fonction de l’intensité des statines chez des adultes sans événement cardiovasculaire préalable.

  Vingt-six études ont été incluses, 22 essais portant sur 90 624 sujets avec 6 mois à 6 ans de suivi comparant les statines au placebo ou à l’absence de prise de statine, 1 étude (n = 5 144) comparant des statines d’intensité différente et 3 études d’observation (n = 417 523) qui rapportaient les effets secondaires des statines. Les statines étaient associées de manière significative à une diminution du risque de mortalité globale (rapport de risque = 0.92 ; IC 95 % = 0.87 à 0.98), différence de risque absolu = -0.35 % (-0.57 % à -0.14 %). L’utilisation des statines est associée à une réduction des accidents vasculaires cérébraux (rapport de risque = 0.78 ; -0.68 à -0.90) ; différence absolue de risque = -0.39 % (-0.54 à -0.25). L’utilisation des statines était associée à une réduction des infarctus du myocarde (rapport de risque = 0.67 ; 0.60 à 0.75 ; différence dans le risque absolu = -0.85 % ; -1.22 à -0.47 %). Elle était aussi associée à une réduction d’un critère composite de complications cardiovasculaires (rapport de risque = 0.72 ; 0.64 à 0.81 avec une différence absolue de risque = -1.28 % ; -1.61 à -0.95 %). En revanche, l’association avec la mortalité cardiovasculaire n’était pas statistiquement significative (rapport de risque = 0.91 ; 0.81 à 1.02 ; différence absolue de risque = -13 %). Les bénéfices relatifs étaient homogènes entre des groupes définis par les caractéristiques démographiques et cliniques même si les données pour les sujets de plus de 75 ans étaient insuffisantes. Les traitements par statines n’étaient pas significativement associés à une augmentation du risque d’effets secondaires graves (RR = 0.97 ; 0.93 à 1.01), n’étaient pas non plus associés à une augmentation du risque de myalgie (RR = 0.98 ; 0.86 à 1.11) ou à une élévation des transaminases (RR = 0.94 ; 0.78 à 1.13). Le traitement par statines n’était pas significativement associé à une augmentation du risque de diabète globalement (RR = 1.04 ; 0.92 à 1.19) même si une étude a trouvé que le traitement par statines de haute intensité était associé de manière significative à une augmentation du risque (RR = 1.25 ; 1.05 à 1.49). Par ailleurs, il n’y avait pas de différence claire en termes de complications suivant l’intensité des statines. En conclusion de cette mise à jour de revue des effets des statines en prévention primaire chez l’adulte à risque cardiovasculaire mais sans événement cardiovasculaire antérieur, le traitement par statines, en prévention primaire des accidents cardiovasculaires, est associé à une réduction du risque de mortalité globale et d’événement cardiovasculaire. Les bénéfices des statines semblent présents à travers les différentes populations démographiques et cliniques. Ceci a donc amené l’USPSTF à recommander la prescription des statines en prévention primaire des maladies cardiovasculaires chez les adultes âgés de 40 à 75 ans qui ont au moins un facteur de risque cardiovasculaire (dyslipidémie, diabète, hypertension ou tabagisme) et un risque cardiovasculaire estimé à 10 ans de plus de 10 %. Dans le groupe des sujets qui ont au moins un facteur de risque cardiovasculaire et un risque estimé à 10 ans de plus de 7.5 % mais de moins de 10 %, la proposition d’une statine est également faite mais la probabilité d’un bénéfice est moindre dans ce groupe. Il n’y a pas de données pour recommander ce traitement chez les sujets de plus de 75 ans.

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