La surveillance continue du glucose "flash", en comparaison des glycémies capillaires au bout du doigt, améliore l’HbA1c des diabétiques de type 1

15/11/2022 Par Pr Philippe Chanson
Diabétologie Endocrinologie-Métabolisme
Les patients diabétiques de type 1 doivent surveiller leurs glycémies capillaires pour ajuster les doses d’insuline mais cette mesure contraignante explique que de nombreux patients diabétiques de type 1 gardent des hémoglobines glyquées élevées avec un risque de développer des complications. Le développement des systèmes de mesure continue du glucose, soit par système de scan intermittent d’un capteur au niveau du bras (système flash), soit par des systèmes en temps réel permettant une mesure continue du glucose, ont permis de libérer la surveillance des concentrations de glucose de la contrainte de se piquer au bout du doigt pour obtenir une glycémie capillaire.
 

L’étude FLASH-UK a cherché à déterminer si l’utilisation de mesures flash du glucose avec des alarmes optionnelles était capable de réduire les glycémies et d’augmenter la satisfaction des patients sur une période de 6 mois chez les diabétiques de type 1 dont les hémoglobines glyquées étaient élevées, ceci en comparaison d’une mesure de la glycémie capillaire par piqûre au bout du doigt. Il s’agissait d’une étude en groupes parallèles, multicentrique, randomisée, contrôlée impliquant des participants ayant un diabète de type 1 et une hémoglobine glyquée entre 7.5 et 11 %. Le critère d’évaluation principal était l’hémoglobine glyquée à 24 semaines analysée en intention de traiter. 156 participants ont été assignés de manière randomisée dans un rapport 1/1 soit à utiliser une surveillance du glucose flash (groupe intervention ; 78 participants), soit à suivre leur glycémie capillaire avec une mesure au bout du doigt (groupe prise en charge habituelle ; 78 participants également). Au début de l’étude, l’âge moyen des participants était de 44 ± 15 ans et l’ancienneté du diabète était de 21 ± 13 ans. 44 % des participants étaient des femmes. L’hémoglobine glyquée moyenne basale était de 8.7 ± 0.9 % dans le groupe « intervention » et 8.5 ± 0.8 % dans le groupe « prise en charge habituelle ». L’hémoglobine glyquée a diminué à une valeur moyenne de 7.9 ± 0.8 % dans le groupe intervention (surveillance flash) et a baissé à 8.3 ± 0.9 % dans le groupe glycémie capillaire par piqûre au bout du doigt et cela à 24 semaines, donnant une différence moyenne ajustée entre les groupes de -0.5 point de pourcentage (IC 95 % = -0.7 à -0.3 ; p < 0.001). Le temps par jour pendant lequel la glycémie était dans la cible était de 9 points de pourcentage (4.7 à 13.3) supérieurs, ce qui correspondait à 130 minutes (68 à 192) plus longtemps dans le groupe intervention (surveillance flash) que dans le groupe prise en charge habituelle (glycémie capillaire) et le temps passé en hypoglycémie ; la glycémie < 0.7 g/l était de 3 points de pourcentage inférieur (1.4 à 4.5) ou 43 minutes (20 à 65) en moins dans le groupe intervention. Deux participants dans le groupe prise en charge habituelle ont eu un épisode d’hypoglycémie sévère et 1 participant dans le groupe intervention a eu une réaction cutanée au capteur. En conclusion, chez les participants diabétiques de type 1 avec une hémoglobine glyquée élevée, l’utilisation d’une surveillance continue du glucose avec un scan intermittent de type flash et des alarmes optionnelles indiquant des taux de glucose élevés ou bas permet d’obtenir une hémoglobine glyquée significativement inférieure en comparaison de la surveillance par glycémie capillaire au bout du doigt.

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