Contre la loi de santé, des médecins lancent une "carte dévitalisée"

04/04/2017 Par Aveline Marques
Politique de santé

Farouches opposants à la loi de modernisation de notre système de santé, des médecins libéraux du Val d'Oise ont édité à leurs frais 100.000 cartes dévitalisées "par l'Etat" à destination des candidats, de leurs confrères et des patients.

Avec la loi Touraine, en 2017, "la Sécurité sociale", "le secret médical" et "choisir son médecin", "c'est fini". C'est le message que les 150 adhérents de la chambre syndicale des médecins du Val d'Oise (CSMVO) -représentant 10% des praticiens du département- veulent faire passer à tout prix. Avec le BLOC, l'AFMS, l'UFML et l'association des médecins cardio-vasculaires, ils ont fait imprimer pour 2.500 euros 100 000 exemplaires de leur "carte dévitalisée par l'Etat". Semblables à la carte vitale, elles arborent trois slogans différents. Une manière pour les médecins libéraux de poursuivre leur contestation de la loi de santé, alors que leurs opérations escargots organisées sur l'A1 le 13 novembre 2015 avaient été éclipsées par les attentats de Paris. "La plupart des Français ne savent pas que la loi existe et les autres ne mesurent pas tous les enjeux", déplore Jean-François Damour, médecin vasculaire à la clinique Claude Bernard, à Ermont.   Pas de tiers payant   Pour Serge Larcher, le président de la CSMVO, la loi du 26 janvier 2016 va signer "l'arrêt de mort de la médecine libérale". "Il faut revaloriser l’acte du généraliste. En France, la consultation est facturée 23€, ce qui est très éloigné de la moyenne européenne qui est à 40 €. On veut également que le patient soit libre de choisir son médecin traitant et ses soignants. La loi va instaurer des réseaux de mutuelles qui imposeront tel médecin à tel patient. On s’oppose aussi à la fin du secret médical et que les données de santé des patients soient accessibles aux banques, assurances et mutuelles." Et pas question d'appliquer le tiers payant généralisé au 1er novembre. "Aucune sanction n’est prévue pour l’instant par la loi", relèvent les syndicalistes. [avec leparisien.fr]

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