La FHF, les urgences et le secteur 2 : l'hôpital qui se moque de la charité ?

31/08/2017 Par Catherine le Borgne

La conférence de rentrée de la Fédération hospitalière de France a fait grincer bien des dents libérales. Car les hôpitaux publics voudraient imposer une potion amère aux libéraux : interdiction des honoraires libres dans les zones de sous-densité médicale, rétablissement du caractère obligatoire de la permanence des soins, abandonnée depuis la grande grève de 2002…   Autant de préconisations pour autrui, qui ont fait bondir dans les syndicats médicaux où l'on considère, schématiquement, que l'hospitalisation publique ne manque pas d'air. Le président Hamon de la FMF, par exemple, trouve un peu fort de café que l'hospitalisation publique se permette de demander aux libéraux de prendre mieux en charge les urgences… alors que la désorganisation des urgences est bien au contraire, une grande source de profit pour l'hospitalisation publique. "Quelle hypocrisie", lâche le Dr Hamon.  

Les plus forts taux de dépassements

 

Dans un long communiqué, le Dr Philippe Vermersch, le président du SML reprend cet argumentaire et rappelant même qu'une consultation .... dans le cadre des urgences hospitalières revient environ à 250 euros, soit 5 fois plus qu'une consultation urgente par un médecin libéral. Il se fait également un plaisir de relever  - quand la FHF plaide pour "l'assèchement du secteur 2 dans les zones sous-denses" - que c'est dans le secteur hospitaliers public que l'on constate les plus forts taux de dépassements. Pourtant, ajoute le Dr Vermersch, "le développement de pratiques innovantes, pas encore financées et l'installation de jeunes spécialités anciens chefs de cliniques y seraient un atout pour les populations locales". Et de souligner une "'incohérence" :  "prétendre agir contre les déserts médicaux, en promettant aux futurs installés, le bagne des gardes 24 h 24 et 7 j/7 comme avant 2002".  

Propositions "grotesques"

  Autant de propositions qualifiées de "grotesques" par le syndicat libéral qui suspecte la fédération hospitalière de vouloir "contourner" les syndicats au travers d'un "comité Théodule de plus, impliquant les URPS'". "La FHF doit en finir avec la duplicité", balaie le SML. Ce qui commence par une nécessaire discussion sur l'ouverture de centres de consultations "avancée" de médecine générale par les hôpitaux publics, là où il n'existe pas de pénurie médicale. Comme à Louvroil, où l'hôpital de Maubeuge a ouvert une telle structure, dénonce-t-il.

Faut-il supprimer les ARS ?

Marie GILARDI

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Leur communication est opaque Ils ne comprennent rien au terrain Ils ont une logique comptable Ils ont et ont participé à la... Lire plus

 
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