Accro aux psychotropes, l'infirmière hospitalière a falsifié près de 200 ordonnances

15/06/2018 Par Aveline Marques

De 2015 à 2017, cette infirmière du centre hospitalier de Lannemezan (Hautes-Pyrénées) a falsifié près de 200 ordonnances et volé des cartes vitales, notamment pour se procurer des psychotropes.

C'est une pharmacienne qui a découvert la supercherie, lorsque le fils de l'infirmière s'est présenté avec une ordonnance émanant d'un médecin qu'elle connaissait bien, mais dont elle ne reconnaissait pas l'écriture… et qui était en vacances. En deux ans, cette infirmière de 47 ans, employée au CH de Lannemezan depuis plus de 20 ans, a falsifié pas moins de 195 ordonnances, pour ses proches mais aussi et surtout pour elle : des anxiolytiques, des antidépresseurs, des somnifères. Devant le tribunal de Tarbes, l'infirmière a expliqué que suite aux décès de son frère et de son père, elle était devenue dépendante aux médicaments et que les prescriptions des médecins ne suffisaient plus. Pour masquer l'escroquerie, la soignante avait également dérobé plusieurs cartes vitales de patients hospitalisés et se fournissait dans plusieurs pharmacies. "Elle a trompé des patients, des pharmaciens, une équipe médicale mais aussi l'établissement public. On ne croit pas à une consommation personnelle, 195 ordonnances ! Ce n'est pas possible, on frôle la dose létale, elle a violé les obligations élémentaires qui étaient les siennes", a chargé l'avocat du CHU. La défense a dressé le portrait d'une "dame de 47 ans avec deux enfants, entrée au CHU en 1995 et qui faisait l'objet d'excellentes notations". "Elle avait des difficultés à trouver le sommeil, puis avec le cancer de son frère, celui de son père, elle a cédé à une manœuvre qu'elle n'a pas inventée, connue dans les services hospitaliers pour se prescrire elle-même ce que le médecin ne pouvait lui prescrire, elle est devenue addict à ces produits", a plaidé son avocat. Les juges ont condamné l'infirmière à un 1 an de prison avec sursis avec mise à l'épreuve de deux ans, à une obligation de soins et à une interdiction définitive d'exercer le métier d'infirmière. La CPAM de la Haute-Garonne a par ailleurs demandé un renvoi sur intérêts publics afin de calculer le préjudice subi. [avec ladepeche.fr]

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