Déqualification du métier de médecin

25/09/2018 Par Aristippe

Favorable à la délégation des tâches médicales à des professionnels de santé à la formation plus courte ("infirmiers de pratique avancée") pour dégager aux médecins du vrai temps médical, je le suis dans la mesure où les effectifs de médecins n’augmenteraient pas. Mais suis-je le seul à voir dans cette suppression du numerus clausus combinée : - à la venue toujours plus importante de médecins à diplôme étranger (UE mais aussi extra-européen) aux compétences parfois douteuses (acceptons de voir les choses en face!) - à l’explosion du nombre de postes de médecins salariés cantonnés à des missions dont on peut sérieusement se poser la question de savoir si un diplôme de médecin est vraiment requis (médecin DIM, médecin d’HAD, médecin coordonnateur d’Ehpad, médecin dans l’industrie manipulateur de statistiques cachant derrière son visage de médecin rien de moins qu’un pur marketeur...) alors que ces mêmes nouvelles missions détournent les médecins de leur activité première qui est de soigner... - à l’explosion d’actes et de missions bidons (certificats pour tout et n’importe quoi, folie de la médecine "défensive", codage des actes, activités administratives en tout genre...) - au discours/matraquage permanent et hypocrite sur le présumé manque de vocation des jeunes médecins (comme si ce mot pouvait encore signifier quelque chose dans notre société individualiste et ultralibérale) qui trouve son écho dans l’idée du fameux "gâchis de la première année" (comme si prétendre avoir la "vocation" était une démonstration suffisante de sa capacité à devenir un bon médecin) - à l’idéologie des O. Véran & Co qui soutiennent de façon très démagogique "qu’Aristote et la physique quantique" n’ont plus leur place en première année de médecine, remettant en cause le socle intellectuel et scientifique qui fait justement qu’un médecin est plus qu’un simple technicien de la santé... La tentative d’ubérisation, de banalisation, de déqualification du métier de médecin, le tout se soldant par une perte d’indépendance du médecin qui ne sera plus que le petit maillon d’un vaste système rigide et contrôlé (les fameux "experts qualité" ont un avenir, eux!) et la mise en concurrence des médecins entre eux avec ses corollaires : la perte de tout pouvoir médical et... une coupe drastique dans les revenus des médecins (quand les effectifs auront augmenté de 50%, on aura tôt fait de démontrer qu’une baisse de 50% des revenus s’impose...)? Mais rassurez-vous : pendant que l’oligarchie au pouvoir s’attaque au concours de P1, elle se garde bien au chaud l’exclusivité de l’ENA, d’HEC et de l’école Polytechnique (il est vrai que ces diplômés ne sont plus depuis longtemps reconnus d’intérêt public...)   Commentaire posté en réaction à l'article : Le numerus clausus sera supprimé en 2020

Faut-il réformer l'Ordre des médecins ?

MICHEL BANVILLET

MICHEL BANVILLET

Oui

À notre époque, la notion d'éthique a disparue de notre société. Faire confiance a des pairs, c'est favoriser les petits arrangeme... Lire plus

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