Quatre patients receveurs d'un même donneur, tous atteints d'un même cancer

29/09/2018 Par Catherine le Borgne
International

Il s'agit d'un cas '"extrêmement rare", rapporté par une étude d'American Journal of Transplantation : quatre patients européens qui avaient reçu des organes d'une même donneuse ont tous été victimes du même cancer au décours de leur greffe. 

  Les faits débutent en 2007, lorsque la future donneuse d'organe, âgée de 53 ans, meurt des suites d'un accident vasculaire cérébral. Ses reins, ses poumons, son foie et son cœur sont prélevés pour d'éventuelles greffes. Des examens médicaux complets sont alors réalisés, sans que la tumeur maligne ne soit détectée.   Seize mois après la greffe, une première patiente âgée de 42 ans est hospitalisée pour des troubles liés à sa double greffe pulmonaire. On détecte la présence d’un cancer mammaire avec métastases ganglionnaires. Quelques années plus tard, la bénéficiaire du rein gauche, une femme de 62 ans et la bénéficiaire du foie, une femme de 59 ans, meurent toutes les deux d’une tumeur métastasée, de même type histologique que la précédente, respectivement en 2013 et 2014. Les analyses ADN démontrent rapidement que les cancers proviennent de leur même donneuse. Seul un quatrième patient a survécu, après de nombreux traitements, dont une chimiothérapie, la suspension des médicaments immunosuppresseurs mais aussi l'ablation du rein droit qu'il s'était fait greffer.  La donneuse présentait, en fait, des micro-métastases trop petites pour être détectées, révèle aujourd'hui l'étude réalisée par la professeure Frederike Bemelman de l'Université d'Amsterdam.  "Le caractère malin de la tumeur était quasiment indétectable au moment du don d'organe" assure Graham Lord professeur de médecine en néphrologie au King's College de Londres.  Les dons d'organes ne sont pas autorisés pour les personnes ayant déjà été atteintes de tumeurs malignes actives, à l'exception près de quelques cancers de la peau et de certaines tumeurs localisées. Le risque de transmission d'un organe infecté est compris entre 0,01% et 0,05% pour chaque greffe d'organe. Pour le médecin Graham Lord, cet "événement rare et extraordinaire" pourrait être évité à l'avenir. Bien qu'il soit difficile de savoir si le scanner aurait révélé la malignité du donneur avant les greffes. [Avec btmtv.com]

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