Urgences : 95 services en grève, nouvelle journée de mobilisation

11/06/2019 Par Yvan Pandelé
La grève des urgences se poursuit avec 95 services dans le mouvement et une manifestation prévue ce mardi 11 juin. Une mobilisation qui aura valeur de test grandeur nature après les propositions dévoilées par Agnès Buzyn la semaine dernière, qu'elle s'est chargée de défendre lundi sur BFM TV.

Lundi 10 juin au soir, Agnès Buzyn était sur BFM TV pour réaffirmer qu'elle "entendait" l'épuisement des soignants dans les services d'urgence. Mais les soignants l'ont-ils entendue ? En tous les cas, le mouvement des urgences se poursuit, sous la bannière du collectif de paramédicaux Inter-Urgences, qui dénombre désormais 95 services en grève. Des manifestations sont prévues mardi 11 juin en milieu de journée devant les ARS et avenue Duquesne, à Paris. "Ne désespérez pas, tout est mis en œuvre depuis que je suis arrivée pour améliorer notre système", a plaidé la ministre sur le plateau. Avant de rappeler les mesures de court terme annoncées la semaine dernière au congrès des urgentistes : rénovation des services vétustes et soutien des ARS aux services en tension (par l'embauche d'intérimaires) pour passer le cap de l'été. Au plan financier, Agnès Buzyn a également annoncé l'homogénéisation des primes de risque aux paramédicaux (97,69 euros brut par mois, versée ou non selon les services) et la création d'une prime de coopération pour valoriser la délégation de tâches médicales (prescription de radio ou de biologies), aux contours et au montant encore inconnus.

Les grévistes du collectif Inter-Urgences – soutenus par FO, CGT, SUD et l'Amuf –, demandent quant à eux une hausse de salaire de 300 euros net par mois et des effectifs supplémentaires. Une demande à laquelle la ministre, pressée par les contraintes budgétaires, a opposé une fin de non-recevoir. "En général on pourrait faire mieux" sur les salaires des paramédicaux, a-t-elle reconnu sur BFM TV, "mais il y a 1,2 million de personnes dans la fonction publique hospitalière…" "Je ne pense pas qu'une prime de 100, 200, 300 euros permettra de régler la difficulté aux urgences", a-t-elle argumenté, défendant les mesures de moyen et long terme prévues dans la loi de santé. La réorganisation de la médecine de ville, au sein de CPTS et en coopération étroite avec les hôpitaux de proximité, devrait selon elle permettre d'éviter les recours inutiles aux urgences. Une délégation du collectif Inter-Urgences sera reçue dans l'après-midi par le cabinet d'Agnès Buzyn. La ministre ne recevra pas les grévistes en personne : elle sera au Palais du Luxembourg, où les Sénateurs doivent voter le projet de loi de santé. Refus de négocier plus avant, ou priorité donnée aux réformes structurelles ? Les deux, sans doute.

Faut-il supprimer les ARS ?

Marie GILARDI

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