La France, lanterne rouge de l'accès aux médicaments innovants en Europe

25/10/2019 Par Aveline Marques
Médicaments
Bien loin des 180 jours recommandés par la réglementation européenne, il faut attendre en moyenne 530 jours en France pour qu'un médicament ayant obtenu une AMM soit finalement remboursé. 

"Traitements des cancers, des hépatites, des maladies auto-immunes ou encore des maladies rares… Pourquoi les patients vivant en France ont-ils accès plus tardivement que leurs voisins européens aux innovations thérapeutiques alors que depuis plusieurs années, un flux d’innovations thérapeutiques transforme la prise en charge des patients atteints de maladies graves ou chroniques, comme les maladies cardio-vasculaires et le diabète ?", interpelle le collectif ACCèS+ dans une tribune publiée sur le site L'Opinion.  

Réunissant des professionnels de santé, des associations de patients et les industries de santé, ce collectif, créé en juin dernier, milite pour que la France rattrape son retard en matière d'accès aux médicaments innovants. Dans l'Hexagone, "le délai moyen entre l’autorisation de mise sur le marché et le véritable accès des patients aux médicaments remboursables est de 530 jours, bien loin des 180 jours recommandés par la règlementation européenne", pointe le collectif. La France se classe 20e en Europe… 

Pour ACCèS+, la procédure française est à la fois lente et inadaptée. "Les médicaments les plus innovants, souvent indispensables au traitement des maladies graves, sont actuellement considérés par la HAS comme ayant un niveau de preuves trop faible au regard de leur approche strictement méthodologique alors que tous les autres pays européens trouvent des solutions intermédiaires permettant d’attendre des données complémentaires ou en vie réelle. Certains établissements de santé français décident néanmoins de prendre en charge ces traitements très innovants mais tous n’en ont pas la capacité." Ce qui génère des inégalités d'accès sur le territoire. 

Dénonçant au passage la complexification récente du dispositif de l'ATU, le collectif demande à ce que l'accès précoce aux innovations soit simplifié, réclame l'adaptation du processus d'évaluation des produits de santé par la HAS, une réflexion sur les modalités de négociation des prix (en les basant sur les études en vie réelle) ainsi que la création d'un observatoire sur l'accès à l'innovation thérapeutique afin d'"étudier de façon objective les situations de perte de chance des patients". 

Faut-il supprimer les ARS ?

Marie GILARDI

Marie GILARDI

Oui

Leur communication est opaque Ils ne comprennent rien au terrain Ils ont une logique comptable Ils ont et ont participé à la... Lire plus

8 débatteurs en ligne8 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Témoignage
"Ma concentration ne dépassait pas les 30 minutes" : médecin généraliste, elle raconte "l'enfer" de son burn...
15/04/2026
21
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
15
Psychiatrie
"La caisse me réclame plus de 40.000 euros" : le combat d'un psychiatre pour des prescriptions basées sur les...
08/04/2026
20
Maladies rares
Qu’est-ce que le syndrome de Moersch-Woltman, dont est atteinte Céline Dion ?
01/04/2026
14
Déontologie
"On m'a sali alors que je n'ai fait que rendre service" : un médecin retraité jugé pour avoir continué à...
10/03/2026
0
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2