"Hôpital en galère, soignants en colère" : les blouses blanches ne lâchent rien [PHOTOS]

17/12/2019 Par Aveline Marques
Médecins, internes, externes, infirmières, aides-soignantes… Ils étaient un millier, ce mardi 17 décembre, à défiler dans les rues de Paris pour "sauver l'hôpital" et dénoncer la dégradation de leurs conditions d'exercice. Un cortège moins fourni que le 14 novembre, grèves des transports oblige, mais tout aussi déterminé.

  "Hôpital en sous-France", "la retraite avant la mort", "à ceux morts sur nos brancards", "hôpital en galère, internes en colère"… Malgré la grève, qui a empêché un bon nombre de manifestants de banlieue et de province de rejoindre le cortège, un millier de blouses blanches et bleues ont défilé ce mardi 17 décembre à Paris pour réclamer davantage de moyens et d'effectifs et "rester visibles", en marge du mouvement contre la réforme des retraites. Orchestre des "blouses brothers" en tête, le cortège est parti à la mi-journée de l'hôpital Lariboisière (Xe arrondissement) en direction de la place de la République pour permettre à ceux qui le souhaitent de rejoindre la manifestation contre la réforme des retraites. Répondant à l'appel des collectifs Inter-Hôpitaux et Inter-Urgences, d'organisations de praticiens, d'internes (Isni et Isnar-IMG) et des syndicats CGT, FO, CFDT, CFTC, CFE-CGC, SUD, Unsa, les manifestants brandissaient pancartes et banderoles, criant leur mal-être.

 

Photos : Marion Jort "Tout le monde est épuisé, on a l'impression de donner beaucoup sans que les patients soient mieux soignés", a résumé Margot, médecin urgentiste depuis 2007. Luc, médecin en soins palliatifs, dénonce la culture du chiffre : "On nous demande le taux d'occupation, la durée et le nombre de séjours, il faut toujours plus de séjours, on croule sous les injonctions contradictoires, il faut soigner bien, mais sans que ça coûte." Trois internes en blouses bleues de bloc opératoire échangent avec une médecin de la Pitié-Salpêtrière qui les supplie de "ne pas laisser tomber l'hôpital pour le privé". Omar, interne en anesthésie, raconte avoir trouvé la veille "un patient en état de choc sur un brancard dans un couloir". "L'infirmière n'avait pas pu s'en occuper, on l'a brancardé avec un confrère médecin vers la réanimation." Faute de secrétaire, internes et médecins "font de plus en plus de tâches administratives", explique Aude, anesthésiste à la Pitié. "C'est du temps qu'on n'a plus pour parler aux familles." Elle a vu l'unité de soins de réhabilitation fermer dans l'hôpital faute de personnel. "On est obligé d'envoyer des patients à 70 km de là en Seine-et-Marne, où leurs familles ne peuvent pas aller les voir." Pour Amaury, interne à Trousseau, "on est en tension à tous les échelons, les seniors comme les internes font les bouche-trous, on voit des médecins à la photocopieuse". Doublement du budget alloué à la santé, revalorisation salariale générale, recrutements immédiats et ouvertures de lits supplémentaires... Les revendications n'ont pas changé depuis le début d'un mouvement inédit dans les services d'urgences mi-mars, qui s'est étendu depuis à l'ensemble de l'hôpital. Le 10 décembre, les internes ont rejoint le mouvement, entamant une grève illimitée pour améliorer leurs conditions de formation et d'exercice. Ce mardi, les jeunes ont mis l'ambiance. A l'image des externes pom-pom girls "Les Bob atomics", qui ont entamé une petite chorégraphie particulièrement appréciée. Vidéo : Marion Jort   Plusieurs rassemblements étaient organisés également en province, comme à Caen, où les soignants ont simulé l'enterrement de l'hôpital, à Marseille, à Saint-Etienne, à Grenoble ou encore au Havre            

Le 14 novembre, plusieurs milliers d'hospitaliers avaient défilé partout en France. Une semaine plus tard, le Gouvernement avait dévoilé son plan pour redonner "oxygène" et "attractivité" à l'hôpital: rallonge budgétaire de 1,5 milliard d'euros sur trois ans, reprise de 10 milliards d'euros de dette étalées sur trois ans, primes pour les personnels... Sans apaiser les contestataires.

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