Le "bon sens" ne prouve pas l’efficacité d’un traitement, alerte un collectif de médecins

05/06/2020 Par Louise Claereboudt
Santé publique

Dans une tribune publiée dans Le Monde, un collectif de dix médecins, soutenus par 1.800 confrères, soignants et chercheurs, rappelle que la seule éthique de la discipline “associe recherche et soins” et ne peut se baser “sur l’intuition”.   Une mise au point jugée nécessaire en cette période d’épidémie coronavirus alors que les “protocoles illégaux”, les “remèdes miracles” et les messages contradictoires se sont multipliés au sein du corps médical et scientifique.   Rappelant qu’il n’existe pour l’heure pas de “traitement qui marche”, un collectif de dix médecins, soutenus par 1.800 experts, alerte dans une tribune publiée dans Le Monde, sur le comportement d’experts qui, “surfant sur la vague de la désinformation et persuadés de l’adhésion de la population, proposent des “sondages” pour appuyer leurs hypothèses médicales, comme si la décision médicale pouvait être un quiz géant auquel n’importe qui pourrait participer”.

Selon eux, “l’intuition” ou le “bon sens” médical ne devrait pas permettre de décider “de l’efficacité et de la sécurité d’un traitement”. Alertant sur les dangers de ces méthodes, les auteurs de cette tribune invitent les médecins ou scientifiques ayant trouvé le “remède miracle” à “proposer une étude suffisamment rigoureuse pour que toute équipe médicale dans le monde puisse donner ce traitement en toute confiance, sans transformer la décision médicale en un coup de poker”.   Trois éléments essentiels à la médecine S’appuyant sur le serment d’Hippocrate ainsi que sur le code de déontologie médicale, le collectif fait valoir une seule éthique possible : celle qui “consiste à employer tous les moyens dont nous disposons pour rétablir, préserver ou promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux”. Alors que la polémique autour de l’étude du Lancet sur l’hydroxychloroquine...

enfle, les auteurs estiment qu’il serait “irresponsable” de “se concentrer sur un seul ‘protocole’ proposé sur la base d’études bâclées et d’une simple croyance”. Ils appellent à ne pas “communiquer à tout-va des résultats peu fiables et collectés dans la précipitation”, mais présentent trois éléments essentiels à la médecine :  

-Soigner le plus efficacement et le plus humblement possible, “en s’appuyant sur les données actualisées de la science et de la médecine”. -Participer à la recherche clinique pour tenter de trouver un traitement contre le Covid-19, “en publiant dès que possible les résultats de nos recherches dans des journaux scientifiques fiables, afin d’en faire bénéficier l’ensemble de la communauté”. -Ne pas risquer la vie des patients avec des traitements “qui pourraient avoir plus d’effets indésirables graves que d’effets bénéfiques”.   [avec Le Monde]

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