"Protocoles illégaux" contre le Covid : des médecins convoqués par l'Ordre

04/06/2020 Par Louise Claereboudt
Déontologie
Alors que plusieurs praticiens ont communiqué en plein coeur de l’épidémie de coronavirus sur leurs pistes de traitements, le Conseil national de l’Ordre des médecins annonçait fin avril avoir informé l’ANSM concernant des “protocoles illégaux” et saisi les conseils départementaux en vue de recueillir les explications des praticiens visés. Les premières convocations viennent de tomber.

  Il y a un mois et demi, l’Ordre des médecins annonçait dans un communiqué avoir informé l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) concernant des “protocoles illégaux” mis en place par des médecins pour traiter le Covid-19. Attendue de pied ferme par le collectif anti fake medecine, l’instance dénonçait alors ces “remèdes miracles”, sources de “faux espoirs de guérison”. Elle indiquait également avoir saisi les conseils départementaux. Une vingtaine de médecins étaient à l’époque dans le viseur de l’Ordre. Contacté par Egora ce jeudi 4 juin, le Dr Jean-Jacques Erbstein, médecin généraliste à Créhange en Moselle, confie avoir reçu une convocation de la part du CDOM pour s’expliquer sur son “protocole”, comme l’un de ses confrères. Alors que l’épidémie de coronavirus sévissait en France en avril dernier, et particulièrement dans l’est du pays, le praticien avait communiqué dans la presse locale sur un traitement combinant azithromycine, effizinc, Singulair et héparine.

  “Responsabilité civile” Le président du conseil de l’Ordre de Moselle l’avait alors contacté, lui indiquant que “des tas de confrères l’avaient appelé afin de [le] dénoncer pour publicité déloyale”. Ce dernier reprochait également au Dr Erbstein d’avoir réalisé une “soupe dans [son] coin”. L’Ordre avait de fait demandé au praticien de ne plus communiquer sur son traitement, puis l’ANSM avait également réclamé des explications sur leur “protocole”. “Qu’est-ce qu’on devait faire ? Simplement rediriger les personnes vers le 15 ?”, s’interrogeait le généraliste en colère dans un précédent entretien. Dans un courrier récent que nous avons pu consulter le CDOM indique que “ce ‘protocole’ s’inscrit en dehors de la législation en vigueur prise pour assurer la protection des personnes dans le domaine de la santé et de la réglementation sur les essais cliniques. Il rappelle aussi “la spécificité du recueil du consentement des patients soumis à un protocole de recherche clinique et les règles de la prescription hors AMM et la potentielle mise en jeu de [sa] responsabilité civile”. Sommé de s’expliquer au siège de l'ordre, le Dr Erbstein ne compte pas en rester là. “Nous allons déjà contester le motif de convocation”, affirme le généraliste, qui a perdu dix patients atteints du Covid-19, assurant ne pas avoir prescrit ce traitement hors AMM. 

Faut-il restreindre les conditions d'accès au secteur 2?

Herve  Koskas

Herve Koskas

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Nous restons dans le gre à grè. L information doit etre claire: pas de surprise ; pas de dessous de table; c'est le but du S2 !. ... Lire plus

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