Cash Investigation : une journaliste infiltrée à l'hôpital de Valenciennes

11/12/2020 Par Sandy Bonin
Ce jeudi soir, un reportage diffusé dans l'émission Cash Investigation intitulé Services publics : liberté, égalité, rentabilité ?" a mis en émoi le centre hospitalier de Valenciennes. Une journaliste s'est faite embauchée par la société Onet et a filmé en caméra cachée les revers de la sous-traitance du ménage à l'hôpital.
 

En juillet 2019, une journaliste s'est faite embaucher par Onet, la société privée qui assure le nettoyage au centre hospitalier de Valenciennes. Grâce à une caméra cachée, elle constate : le matériel défectueux ou manquant, la pression, le temps très court pour nettoyer les chambres des patients. Avant de commencer sa journée de travail, la journaliste se rend dans un local pour récupérer le matériel de nettoyage. Et là, premier problème : il n’y a pas de balai pour décontaminer les sols : "J’ai pas de balai pour les bandeaux. Quelqu’un sait où je peux trouver un balai ?" demande-t-elle. La solution trouvée est de fabriquer son balai soi-même… avec les bouts de vieux balais qui traînent. Autre problème rencontré : les lavettes pour désinfecter les toilettes ou le mobilier. Elles sont usées jusqu’à la corde et réutilisées jusqu’à épuisement. "Combien avez-vous économisé d'argent en donnant le marché du bio-nettoyage à une société sous-traitante ?" demande Elise Lucet à Rodolphe Bourret, directeur du Centre hospitalier de Valenciennes. "Ce sont des sommes relativement conséquentes… reconnaît-il, plusieurs centaines de milliers d’euros." Faute d’avoir pu le contacter sur son lieu de travail, la présentatrice du magazine d’investigation diffusé sur France 2 est allée à sa rencontre à Paris à l’occasion d’une conférence. Dans une tribune intitulée "À qui profite le crime ?", le directeur du centre hospitalier, interrogé par Elise Lucet dans le reportage, dénonce "l'amalgame entre entretien des surfaces et désinfection", la désinfection n'étant pas assurée par les salariés d'Onet.


Il déplore également les méthodes de caméra cachée, qualifiant les équipes de Cash Investigation de "trolls". Il assure pourtant "les portes sont ouvertes aux journalistes". Il n'exclut pas de donner des suites judiciaires à la diffusion de ce reportage. "Le centre hospitalier de Valenciennes a un des taux d'infections nosocomiales les plus bas de France", nous explique-t-on du côté de l'hôpital, qui craint l'impact du reportage "sur les agents, éprouvés par deux vagues Covid". [Avec francetvinfo.fr et francebleu.fr]  

Faut-il supprimer les ARS ?

Marie GILARDI

Marie GILARDI

Oui

Leur communication est opaque Ils ne comprennent rien au terrain Ils ont une logique comptable Ils ont et ont participé à la... Lire plus

 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Témoignage
"Ma concentration ne dépassait pas les 30 minutes" : médecin généraliste, elle raconte "l'enfer" de son burn...
15/04/2026
21
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
15
Psychiatrie
"La caisse me réclame plus de 40.000 euros" : le combat d'un psychiatre pour des prescriptions basées sur les...
08/04/2026
20
Maladies rares
Qu’est-ce que le syndrome de Moersch-Woltman, dont est atteinte Céline Dion ?
01/04/2026
14
Déontologie
"On m'a sali alors que je n'ai fait que rendre service" : un médecin retraité jugé pour avoir continué à...
10/03/2026
0
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2