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Santé mentale : hausse inquiétante des tentatives de suicide et automutilations chez les adolescentes et les jeunes femmes

Le nombre d’adolescentes et de jeunes femmes hospitalisées pour tentative de suicide et automutilation a progressé en 2024, dévoile la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) du ministère de la Santé.

19/06/2025 Par Sandy Bonin
Psychiatrie
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Près de 82 000 personnes âgées de 10 ans ou plus ont été hospitalisées* au moins une fois en 2024 pour un geste auto-infligé. 64 % d’entre elles sont des femmes, révèle le Drees à partir des données du système national de données de santé (SNDS). Après une forte baisse en 2020, les tentatives de suicide et automutilation ont continûment augmenté depuis. La hausse est de 6 % en 2024 par rapport à 2023 (+6 % chez les femmes contre +4 % chez les hommes).

Cette tendance globale masque des évolutions différentes selon les âges et les sexes. Les jeunes femmes et adolescentes sont particulièrement concernées. La hausse est particulièrement marquée chez les très jeunes filles âgées de 10 à 14 ans avec une progression de +22 % entre 2023 et 2024 tandis qu’elle atteint +14 % chez les 15-19 ans. Le nombre de patientes un peu plus âgées est également à la hausse : +4 % de patientes âgées de 20 à 24 ans et +9 % parmi les 25-29 ans. 

En revanche, le nombre d’hospitalisations de femmes âgées de 40 à 60 ans a régulièrement baissé depuis 2012.

Parmi les hommes, habituellement moins concernés par les tentatives de suicide bien que majoritaires parmi les décès par suicides, des augmentations entre 2023 et 2024 sont également observées dans certaines classes d’âge. C’est le cas chez les moins de 30 ans : +17% chez les 15-19 ans, +8% chez les 20-24 ans et +7 % chez les 25-29 ans.

Près de 12 000 femmes ont été hospitalisées en psychiatrie en 2024 avec un diagnostic renseigné de geste auto-infligé (contre 6 000 hommes). La moitié des femmes hospitalisées avec ce motif ont moins de 30 ans. Les données en psychiatrie sont à relativiser, car moins fiables dues à d’importantes évolutions liées aux pratiques de codage. 

"La brutale dégradation de la santé mentale d’une importante minorité d’adolescentes et de femmes de moins de 30 ans est un phénomène international apparu dans les années 2010, que la crise sanitaire de 2020 parait avoir accentué", analyse la Drees, qui émet l'hypothèse que "le mésusage des réseaux sociaux et les agressions spécifiques à cette population qui peuvent y avoir lieu", puissent en être l'une des causes. La Drees appelle à des travaux plus complets sur le sujet. 

 

*Services de médecine et de chirurgie du secteur MCO. N’incluent pas les passages aux urgences non suivis d’une hospitalisation, les hospitalisations en psychiatrie, en soins de suite et de réadaptation ni les hospitalisations à domicile. 

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