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Une définition simplifiée de l’infarctus du myocarde
De sept catégories d’infarctus du myocarde (IDM), la nouvelle définition de l’IDM - adoptée dans un référentiel commun à quatre sociétés savantes européenne (ESC), américaines (AHA, ACC) et internationale (WHF) - n’en retient plus que trois : l’IDM primaire, l’IDM secondaire et l’IDM post-procédural (dans les 30 jours suivant l’intervention).
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Le Pr Nicholas Mills, de l’Université d'Édimbourg (Royaume-Uni) l’a reconnu, "beaucoup de patients présentant un IDM n’ont pas de symptômes classiques et la plupart n’ont pas de changements à l’ECG, ce qui rend le diagnostic difficile. Et l’élévation des taux de troponine cardiaque est associée à de nombreuses situations cliniques aiguës, subaiguës ou périprocédurales. Donc l’idée était de proposer une classification en phase avec le parcours habituel d’évaluation des patients". Cette simplification très pratique devrait permettre à tous les professionnels de parler plus facilement le même langage.
Côté diagnostic clinique, la preuve d’une lésion myocardique aigue associée à des signes ou à des symptômes d’ischémie aigue myocardique (symptômes, troponine, ECG) est toujours indispensable et "une imagerie coronaire est requise pour confirmer ou exclure ce diagnostic dans des situations aiguës où le diagnostic est plus difficile" a insisté Nicholas Mills, même s’il est possible de s’en dispenser lorsque les autres critères sont suffisamment évocateurs. La lésion myocardique aiguë est définie par l’élévation et/ou diminution et/diminution des taux de troponine I ou T cardiaque, avec une valeur supérieure à la limite supérieure du 99e centile, qui est spécifique au sexe.
L’IDM primaire concerne le patient qui répond à la définition de l’infarctus en l’absence d’une intervention récente ou d’une étiologie causale alternative, qu’il y ait ou non une élévation du segment ST. Dans la plupart des cas, l’IDM est dû à l’athérothrombose, mais les examens fonctionnels ou d’imagerie permettent de mettre en évidence les autres étiologies qui intègrent cette catégorie : rupture de plaque mais aussi dissection aortique spontanée, vasospasme coronaire...ainsi que les évènements post-procéduraux au-delà de 30 jours. Toutes partagent la même physiopathologie.
L’IDM secondaire, lui, est celui associé aux maladies non coronariennes qui engendrent une diminution de l’apport en oxygène (anémie, hypoxie, hypotension) ou celles qui engendrent une demande en oxygène accrue (tachycardie, hypertension sévère). Le diagnostic nécessite d’être confirmé par imagerie, en recherchant une coronaropathie obstructive causale (sténose ≥ 50 % ou ≥70% selon l’impact hémodynamique) ou non (mais avec anomalie de cinétique segmentaire ou de viabilité myocardique).
Enfin, l’IDM périprocédural, lié à une procédure, regroupe les différentes situations dans lesquelles la pathologie aigue survient dans les 30 jours suivant une angioplastie, un pontage aortocoronaire, une chirurgie vasculaire… On s’intéresse davantage au syndrome clinique et aux observations à l’imagerie qu’aux taux de troponine.
La catégorie d’IDM mortel n’existe plus.
Année post-IDM : l’antiagrégation plaquettaire doit rester double :
La bithérapie antiplaquettaire (Dapt, pour Dual Antiplatelet Therapy) combinant aspirine et inhibiteur P2Y12 durant 12 mois est le traitement de référence après une intervention coronarienne percutanée après un IDM. Mais étant donné le léger surrisque hémorragique qui lui est associée, certaines études visent à apprécier le bénéfice-risque d’une monothérapie P2Y12. L’étude multicentrique japonaise ouverte et randomisée Premium a ainsi cherché à établir si cette simplification permettait de réduire le risque hémorragique sans sur-risque ischémique dans une population Sremi. Malheureusement, elle n’a pas pu établir la non-infériorité de la monothérapie. Le rapport de risque de décès était de 1,34 en défaveur de la monothérapie (11 % à 12 mois vs 8,5% sous bithérapie). Durant le suivi, les IDM ont été plus fréquents dans le groupe monothérapie, malgré un taux d’hémorragie majeure supérieur sous bithérapie (rapport de risque, 0,66). Marco Valgimigli (Lugano, Suisse), qui a commenté ces résultats, a tenu à souligner que l’analyse des courbes au cours du temps montre que la différence entre les deux se concentre surtout au cours du premier mois de traitement au cours duquel il apparaît clairement que la bithérapie est incontournable.
Au sommaire de ce congrès :
-Insuffisance cardiaque : une nouvelle classification et des évolutions thérapeutiques
-MRC, réhabilitation cardiaque : 2 nouvelles recommandations transversales
Références :
Congrès de l’European Society of Cardiology (ESC, Munich du 28 au 31 aout). D’après la communication « 5th Universal Definition of Myocardial Infarction » (ESC, ACC, AHA, and WHF, 30 août),
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