Obésité

Obésité : le gouvernement lance une nouvelle feuille de route

Améliorer le repérage précoce, renforcer le parcours de soins spécifique pour les obésités sévères, renforcer la formation des soignants… La nouvelle feuille de route ministérielle sur la prise en charge de l’obésité met l’accent sur la personnalisation et la coordination des soins. 

14/01/2026 Par Dre Marielle Ammouche
Nutrition Santé publique
Obésité

Après le plan obésité 2010–2013, puis la feuille de route 2019–2022, le ministère de la Santé a décidé de poursuivre ses efforts dans la lutte contre l’obésité en lançant une feuille de route pour les cinq années à venir, soit la période 2026-2030. Les actions entreprises jusqu’à présent ont porté leurs fruits notamment en termes de reconnaissance de l’obésité comme une maladie à part entière, mais aussi dans la structuration des filières de soins. "Ces avancées ont compté, souligne Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées. Elles ont permis de consolider une offre de soins, d’améliorer l’organisation des parcours et de rapprocher la France des pays les plus engagés dans la prise en charge de l’obésité. Mais elles ne suffisent plus." 

Les chiffres sont là. On ne peut que constater que l’obésité continue de progresser, "en particulier dans ses formes les plus sévères et complexes", précise le ministère. Ainsi, en 2024, 48,8 % de la population française était au moins en surpoids, et 18,1 % de la population adulte française en obésité (Enquête Odoxa-Ligue contre l’Obésité). En outre, cette même année, 6,1 % de la population adulte française souffrait d’obésité sévère ou massive (IMC>35).

Le tableau actuel est aussi marqué par l’importance de l’obésité chez les enfants – avec près de 20 % des enfants et adolescents en surpoids ou en situation d’obésité, selon l’étude ObEpi 2020 - et par d’importantes inégalités territoriales.

Dans ce contexte "cette feuille de route consolide ce qui fonctionne, corrige ce qui fragilise et accélère là où l’attente est la plus forte", ambitionne le ministère. Copilotée avec la Pre Judith Aron-Wisnewsky, elle se fixe des objectifs de santé publique : "contribuer à infléchir la progression de l’obésité et à améliorer la santé des personnes concernées" ; mais aussi de moyens, tels qu’"augmenter l’accès à des soins personnalisés, de proximité et inscrits dans la durée", "développer le nombre de professionnels sensibilisés et formés", et "capitaliser sur les parcours et les prises en charge innovantes, en couvrant l’ensemble des niveaux de recours".

Orienter précocement et renforcer l’offre de soins

Pour cela, la feuille de route s’articule avec le Programme national nutrition santé (PNNS), qui est lui consacré à la prévention primaire. Le principe général en est une prise en charge globale, adaptée, coordonnée et au long cours de cette maladie chronique. Concrètement la nouvelle feuille de route comporte trois axes stratégiques, déclinés en huit mesures et vingt-deux actions opérationnelles. 

Il s’agit tout d’abord d’améliorer le repérage et l’orientation des personnes en situation d’obésité, ou à risque. Le gouvernement souhaite ensuite "structurer et renforcer les filières Obésité à l’échelle territoriale, avec l’appui des Centres spécialisés de l’obésité (CSO), afin de garantir des parcours gradués, coordonnés et accessibles". Dans ce cadre, cinq nouveaux CSO vont être labellisés, portant leur nombre à 42 structures, sur l’ensemble du territoire, y compris l’outre-mer.

En outre, un premier Parcours coordonné renforcé (PCR) Obésité pour les adultes devrait être mis en place au cours du premier trimestre 2026. Il est destiné aux situations d’obésité complexe, et associe une prise en charge médicale et non médicale (psychologue, diététicien, activité physique adaptée, …), dans le cadre d’une coordination renforcée. Par la suite, d’autres PCR pourraient voir le jour, en particulier à destination des enfants.

Sur le plan thérapeutique, le ministère rappelle qu’une prise de position nationale sur l’accompagnement des prescriptions des traitements médicamenteux de l’obésité a été élaborée sous l’égide du Groupe de concertation et de coordination des CSO, "afin de sécuriser les pratiques et prévenir les risques de mésusage".

Enfin, le dernier grand aspect de ce programme est la formation des professionnels de santé, mais aussi des autres intervenants impliqués dans la prise en charge.

"Notre responsabilité est de garantir, à chaque personne concernée, un accès précoce, équitable et soutenable à des soins et à un accompagnement conforme à ses besoins. C’est à cette condition que la prise en charge de l’obésité pourra devenir pleinement effective, durable et juste", conclut Stéphanie Rist. 

Références :

Communiqué du ministère de la Santé (14 janvier). "Prise en charge des personnes en situation d’obésité", feuille de route 2026-2030.   

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