La mortalité atteint un niveau historiquement bas en France

Le taux de mortalité en France a atteint un niveau "historiquement bas" en 2023. Plusieurs raisons expliquent cette tendance. 

08/07/2025 Par Dre Marielle Ammouche
Santé publique

En 2023, le taux de mortalité en France a atteint un niveau "historiquement bas" avec 36 000 décès en moins par rapport à 2022, pour un total de 637 082 décès. Le taux standardisé - tenant compte du vieillissement de la population – était de 828,3 décès pour 100 000 habitants. C’est l’information principale des nouveaux chiffres publiés par la Direction de la recherche, des études et de l’évaluation des statistiques (Drees), et le Centre d’épidémiologie des causes médicales de décès de l’Inserm (CépiDc-Inserm) et Santé publique France (SPF), et qui se fondent sur les certificats de décès.

Cette évolution, que l’on observe aussi dans la majorité des pays européens, est liée principalement à la baisse de la mortalité due au Covid, qui compterait pour 60% de cette tendance. Mais les baisses concernent l’ensemble des décès, à l’exception des maladies de l’appareil respiratoire et des maladies infectieuses et parasitaires qui sont, elles, en légère hausse.

En 2023, les tumeurs restent la première cause de décès (27% de l’ensemble), même si cette mortalité est en baisse (sauf pour le pancréas, et le poumon chez les femmes). "Les décès dus aux tumeurs concernent des personnes en moyenne plus jeunes que ceux toutes causes confondues", ajoutent les auteurs de l’étude. Deuxième cause de décès : les maladies cardio-neurovasculaires (21,4% de l’ensemble) ; elles sont aussi en léger recul par rapport à l’année précédente.

Et les premières estimations pour 2024 seraient en faveur de la persistance d’une légère baisse des taux de mortalité pour ces deux grandes causes. "En revanche, le nombre de décès du fait de ces maladies serait lui en hausse, ou stable, porté par les effectifs des générations du baby-boom de plus en plus nombreux aux âges avancés", précise SPF.

Malgré ces bons résultats, les auteurs ajoutent que le taux de mortalité reste supérieur à celui que l’on aurait dû observer s’il n’y avait pas eu la pandémie de Covid. Cela concerne les maladies cardio-neurovasculaires, les maladies endocriniennes, nutritionnelles et métaboliques, les maladies de l’appareil digestif, les maladies génito-urinaires et la mortalité de causes externes (chutes accidentelles, accidents de la vie courante).

Persistance d'inégalités territoriales 

Chez les enfants de moins de 1 an, la majorité de la mortalité est liée une affection d’origine périnatale ; tandis qu’une malformation congénitale ou une anomalie chromosomique est responsable d’un décès sur cinq. Chez les enfants plus âgés (1 à 14 ans), les deux premières causes de décès sont les causes externes (30% des décès, surtout des accidents de la vie courante et de transport), puis les tumeurs (17% des décès).

SPF souligne, par ailleurs, de nombreuses disparités géographiques. Ainsi, la mortalité apparait plus élevée dans les départements et régions d’outre-mer (Drom), surtout à Mayotte et en Guyane, et, dans une moindre mesure, dans le nord et l’est de la France métropolitaine. A l’opposé, les taux sont plus faibles en Île-de-France. "Ces disparités territoriales sont plus marquées pour les maladies cardio-neurovasculaires que pour les tumeurs", précise SPF. 

Enfin, l’étude rapporte que plus de la moitié des décès (53%) ont lieu en établissement de santé (public ou privé), et près d’un quart à domicile, dont 30% en hospitalisation à domicile.

Références :

D’après un communiqué de Santé publique France (8 juillet) 

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