Cannabis : aucune preuve d’efficacité sur les troubles mentaux, selon une méta-analyse
Une étude de The Lancet Psychiatry indique que le cannabis utilisé a des fins médicales n’a généralement pas prouvé son intérêt dans la plupart des troubles mentaux.
Le cannabis utilisé a des fins médicales n’a généralement pas prouvé son intérêt dans la plupart des troubles mentaux. C’est ce qui ressort d’une métanalyse qui vient d’être publiée dans The Lancet Psychiatry. A côté des indications dans la douleur (dont les évaluations sont en cours en France), les auteurs se sont focalisés sur son intérêt potentiel dans les troubles mentaux, au sens large, qu’il s’agisse des troubles addictifs, anxieux, de l’humeur, du sommeil, des TOCs…
Ils ont inclus dans cette étude 54 essais (publiés entre le 1er janvier 1980 et le 13 mai 2025) portant sur un total de 2 477 participants dont 69 % d'hommes, et dont l’âge médian était de 33,3 ans.
Les résultats montrent qu’en dehors de certaines indications particulières, les produits cannabinoïdes n’ont pas d’effet bénéfique sur la majorité des troubles mentaux ou ne présentent pas assez de preuves scientifiques de leur efficacité. En outre, ils présentent souvent des effets secondaires.
Ainsi, certaines données suggèrent une efficacité potentielle des cannabinoïdes dans le cadre du sevrage au cannabis ou chez les personnes présentant des tics ou un syndrome de Gilles de La Tourette, ainsi que sur les troubles du spectre autistique, et l’augmentation de la durée du sommeil. Cependant, la qualité de ces données était généralement faible. En effet, les auteurs soulignent que 24 des 54 essais pris en compte présentaient "un risque élevé de biais, et la certitude des preuves était faible pour la plupart des critères d'évaluation".
Aucun effet significatif des cannabinoïdes n'a été observé sur l'anxiété, l'anorexie mentale, les troubles psychotiques, le syndrome de stress post-traumatique et l'usage d'opioïdes. Les données étaient insuffisantes concernant la dépression, le TDAH, le trouble bipolaire, les TOCs et l’addiction au tabac.
En outre, les cannabinoïdes étaient associés à un risque accru d’effets indésirables, sans risque d’événements graves cependant. " Compte tenu de la rareté des données, l'utilisation systématique des cannabinoïdes pour le traitement des troubles mentaux et des troubles liés à l'usage de substances est actuellement rarement justifiée", concluent les auteurs. Ils recommandent de mettre en place de nouvelles études dans ce domaine.
Références :
Sources : Wilson J. et al. The Lancet Psychiatry, 2026; 0
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