Une consommation régulière d’aliments frits, notamment de poulet ou poisson, augmente la mortalité globale

05/02/2019 Par Pr Philippe Chanson
Cardio-vasculaire HTA

Les aliments frits sont très largement utilisés dans le monde entier. La friture est un processus culinaire complexe qui modifie la composition des aliments ainsi que celle du milieu de friture via une oxydation, une polymérisation et une hydrogénation.

Au cours de la friture, les aliments peuvent perdre de l’eau et absorber des graisses et les huiles de friture se détériorent, particulièrement lorsqu’elles sont utilisées à plusieurs reprises. De plus, la friture rend les aliments plus croustillants et plus appétissants, ce qui en augmente la consommation. Environ 25 à 36 % des adultes Nord-Américains consomment des aliments habituellement frits dans des fast-foods chaque jour. Or peu de données concernant les effets de la consommation d’aliments frits sur la mortalité sont disponibles. Afin d’analyser l’association prospective entre la consommation d’aliments frits et la mortalité aux Etats-Unis, une étude de cohorte prospective, issue de la Women’s Health Initiative, menée dans 40 centres aux Etats-Unis, a permis de recueillir des informations auprès de 106 966 femmes ménopausées âgées de 50 à 79 ans au début de l’étude et qui ont été enrôlées dans la WHI entre 1993 et 1998 et qui ont été suivies jusqu’en février 2017. 31 558 décès sont survenus au cours des 1 914 691 personnes/année de suivi. Lorsqu’on compare la prise au moins une fois par jour d’aliments frits avec l’absence de consommation d’aliments frits, le hazard ratio ajusté, multivarié est de 1.08 (IC 95 % = 1.01-1.16) pour la mortalité globale et de 1.08 (0.96-1.22) pour la mortalité cardiovasculaire. Si l’on s’intéresse au type d’aliment frit, lorsqu’on compare la prise d’au moins 1 fois par semaine de poulet frit avec l’absence de consommation de poulet frit, le hazard ratio est de 1.13 (1.07-1.19) pour la mortalité globale et de 1.12 (1.02-1.23) pour la mortalité cardiovasculaire. Pour ce qui concerne le poisson frit, les hazard ratios correspondants sont de 1.07 (1.03-1.12) pour la mortalité globale et de 1.13 (1.04-1.22) pour la mortalité cardiovasculaire. La consommation d’aliments frits n’était généralement pas associée à la mortalité par cancer. En conclusion, la consommation fréquente d’aliments frits, particulièrement le poulet frit et le poisson frit, est associée à une augmentation du risque de mortalité globale et de mortalité cardiovasculaire chez les femmes aux Etats-Unis.

Faut-il supprimer les ARS ?

Marie GILARDI

Marie GILARDI

Oui

Leur communication est opaque Ils ne comprennent rien au terrain Ils ont une logique comptable Ils ont et ont participé à la... Lire plus

 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Témoignage
"Ma concentration ne dépassait pas les 30 minutes" : médecin généraliste, elle raconte "l'enfer" de son burn...
15/04/2026
21
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
15
Psychiatrie
"La caisse me réclame plus de 40.000 euros" : le combat d'un psychiatre pour des prescriptions basées sur les...
08/04/2026
20
Maladies rares
Qu’est-ce que le syndrome de Moersch-Woltman, dont est atteinte Céline Dion ?
01/04/2026
14
Déontologie
"On m'a sali alors que je n'ai fait que rendre service" : un médecin retraité jugé pour avoir continué à...
10/03/2026
0
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2