Un niveau élevé de détresse liée au diabète chez les jeunes adultes dont le diabète de type 2 a débuté tôt dans la vie

23/03/2022 Par Pr Philippe Chanson
Diabétologie
La détresse liée au diabète est définie comme des sentiments négatifs avec une charge émotionnelle importante associée au fait de vivre avec les défis et les exigences du diabète comportant le sentiment d’être épuisé, débordé, anxieux et déprimé.  Dans une méta-analyse, une détresse significative liée au diabète a été identifiée chez 1/3 des adultes ayant un diabète de type 2.

Afin d’en évaluer la prévalence chez les adolescents et les enfants dont le diabète de type 2 a démarré à l’âge jeune, les participants de l’étude TODAY2 ont rempli un questionnaire avec une échelle d’évaluation de la détresse liée au diabète. La relation entre différents facteurs et un haut niveau de détresse a été examinée. Sur 438 participants, 66 % étaient des jeunes femmes, leur âge moyen était de 26.8 ans et 18 % étaient Blanches, non Hispaniques, 37 % Noires non Hispaniques et 38 % Hispaniques. Un haut degré de détresse (score ≥ 2) a été rapporté chez 105 (soit 24 %) participants à l’enquête. Les études en sous-catégories ont montré que 40 % avaient un haut niveau de détresse et 27.7 % une charge émotionnelle élevée. Un pourcentage supérieur de ceux qui avaient une détresse élevée était des femmes (p = 0.002), avaient une hypertension (p = 0.037) et une rétinopathie (p = 0.005) étaient insulino-traitées, avaient une HbA1c supérieure et avaient des symptômes d’anxiété ou de dépression modérés à sévères (p < 0.001). En analyse multivariée, le sexe féminin (p < 0.001), l’hémoglobine glyquée (p < 0.001), des symptômes d’anxiété (p = 0.036) et l’absence de couverture sociale (p = 0.019) étaient associés à une détresse élevée après contrôle des différents facteurs confondants. Des symptômes modérés à sévères étaient associés à un niveau élevé de détresse (p = 0.018) et de charge émotionnelle (p < 0.001) ; le traitement par insuline était associé à une haute charge émotionnelle (p = 0.027). Compte tenu de cette prévalence importante de détresse liée au diabète chez les sujets jeunes dont le diagnostic de diabète de type 2 a été fait à l’âge jeune, la recherche dans l’avenir doit viser à identifier les facteurs modifiables qui pourraient faire proposer des interventions plus spécifiques sur la détresse dans ce groupe particulièrement vulnérable.

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