Suivi des incidentalomes surrénaliens : les recommandations de l’ESE-ENSAT validées par la pratique clinique quotidienne

23/11/2017 Par Pr Philippe Chanson
Endocrinologie-Métabolisme

En 2016, la Société européenne d’endocrinologie (ESE), en collaboration avec le réseau européen pour l’étude des tumeurs surrénaliennes (ENSAT ; European Network for the Study of Adrenal Tumors), a indiqué que les incidentalomes surrénaliens de moins de 4 cm et de densité < 10 UH ne nécessitaient pas de suivi ultérieur en imagerie.

Afin de valider si cette stratégie de suivi suggérée par ces recommandations était ou non applicable en clinique quotidienne, une équipe sud-coréenne a exploré les caractéristiques cliniques et l’histoire naturelle des incidentalomes surrénaliens dans un centre clinique de Séoul et cela sur 13 années. L’étude, rétrospective, de cohorte, a inclus 1 149 patients qui ont eu un diagnostic d’incidentalome surrénalien entre 2000 et 2013. Un examen clinique, un bilan hormonal et une évaluation radiologique étaient réalisés au diagnostic initial d’incidentalome surrénalien et au cours du suivi en fonction des recommandations. L’âge moyen au diagnostic était de 54.2 ans et la majorité des incidentalomes surrénaliens (68 %) étaient non fonctionnels. Les analyses, en courbe ROC, ont été utilisées pour discriminer les tumeurs malignes des tumeurs bénignes. La valeur seuil optimale pour la taille de la masse était de 3.4 cm (sensibilité = 100 % ; spécificité = 95 %) et celle de la densité avant injection était de 19.9 UH (sensibilité = 100 % ; spécificité = 67.4 %). La majorité des lésions non fonctionnelles n’a pas changé de taille au cours des 4 années de suivi. En appliquant une valeur seuil de 18 ng/ml lors du freinage minute (1 mg de dexaméthasone à minuit) pour définir une sécrétion autonome de cortisol, 28 % des incidentalomes surrénaliens non fonctionnels ont progressé vers une sécrétion autonome de cortisol au cours du suivi. Toutefois, aucun patient n’a présenté un syndrome de Cushing patent dans cette étude. Les auteurs confirment donc que les recommandations de ne pas faire de suivi en imagerie sont appropriées lorsque la masse surrénalienne fait moins de 4 cm et a des caractéristiques clairement bénignes (densité ≤ 10UH). Des études prospectives utilisant ces recommandations sont maintenant nécessaires avec des suivis plus importants pour confirmer ces stratégies de suivi.

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