Mortalité augmentée pour les buveurs de sodas, même light !

29/11/2019 Par Pr Philippe Chanson
Nutrition
La consommation de soda est fréquente, sans qu’on sache si à l’heure actuelle, cette consommation est associée à un risque de mortalité dans les populations européennes.

Pour examiner cette association entre les boissons sucrées en général, les boissons sucrées au sucrose et les boissons sucrées « light » (sucrées par des édulcorants) d’une part et la mortalité d’autre part, une étude de population a été mise en place portant sur 4 551 participants de l’étude EPIC (European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition). Il s’agit d’une grande étude multinationale intéressant 10 pays européens (Danemark, France, Allemagne, Grèce, Italie, Pays-Bas, Norvège, Espagne, Suède et Royaume-Uni) dont les participants ont été recrutés entre janvier 1992 et décembre 2000. Au total, 521 330 sujets ont été enrôlés. Sur ce total 451 743 (soit 86.7 %) ont été inclus dans l’étude avec un âge moyen de 50.8 ± 9.8 ans et 71.1 % de femmes. Pendant un suivi moyen de 16.4 ans (allant de 11.1 en Grèce à 19.2 en France), 41 963 décès sont survenus. La mortalité globale la plus élevée a été trouvée chez les participants qui consommaient plus de 2 verres par jour de boissons sucrées en comparaison de ceux qui consommaient moins d’un verre par mois et cela pour les boissons sucrées dans leur ensemble, donnant un hazard ratio de 1.17 ; IC 95 % = 1.11 – 1.22, p < 0.001. Chez ceux qui prenaient des boissons sucrées par du sucrose, la mortalité était également supérieure (HR = 1.08 ; 1.01 – 1.16, p = 0.004) et il en était de même chez ceux qui prenaient des boissons sucrées « light » (HR = 1.26 ; 1.16 – 1.35, p < 0.01). Des associations positives étaient également observées entre les boissons sucrées de manière artificielle et les décès par maladies circulatoires (≥ 2 verres par jour vs < 1 verre par mois ; HR = 1.52 ; 1.3 – 1.78, p < 0.001) et entre les boissons sucrées naturellement et les décès de cause digestive (≥ 1 verre par jour vs moins d’un verre par mois ; HR = 1.59 ; 1.24 – 2.05, p < 0.001). En conclusion, cette étude montre que la consommation de boissons sucrées, quelles qu’elles soient, qu’elles soient sucrées avec du sucrose ou par des édulcorants, est associée de manière positive à la mortalité globale dans cette vaste cohorte européenne. Ces résultats confirment qu’il est important de mener des campagnes pour limiter la consommation des boissons sucrées quelles qu’elles soient.

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