Mieux doser les dosages de TSH

09/05/2022 Par Pr Philippe Chanson
Endocrinologie-Métabolisme
Le dosage de TSH est considéré comme le marqueur le plus sensible et le plus fiable du statut thyroïdien individuel, du fait de sa relation inverse log-linéaire avec les hormones thyroïdiennes. L’hypothyroïdie est assez fréquente, touchant environ 5 à 15 % de la population générale, l’hyperthyroïdie l’est un peu moins, touchant 0.2 à 1 % de la population adulte.

  Cependant, les symptômes de dysfonction thyroïdienne sont non spécifiques et sont fréquemment observés chez les sujets euthyroïdiens. C’est probablement la raison pour laquelle les dosages thyroïdiens sont parmi les dosages biologiques les plus fréquemment réalisés par les cliniciens. Afin d’évaluer la fréquence des dosages thyroïdiens et d’analyser les facteurs influençant la TSH, une évaluation des dosages de TSH, réalisés dans un laboratoire hospitalier couvrant une population de plus de 600 000 habitants au Royaume-Uni, a été menée en 2018. Les patients sous traitement touchant la fonction thyroïdienne ou ayant des maladies thyroïdiennes connues ont été exclus. Vingt-huit pour cent de la population locale avait un dosage thyroïdien réalisé au moins 1 fois en 2018, plus souvent chez les femmes (28.2 %) que chez les hommes (23.4 %). Les dosages thyroïdiens étaient peu fréquents (moins de 2 %) chez les enfants et les adolescents de moins de 16 ans et beaucoup plus fréquents dans la population plus âgée (plus de 50 % des sujets âgés de plus de 80 ans). La plupart des symptômes fréquemment attribués à la dysfonction thyroïdienne n’étaient pas plus fréquents dans les groupes ayant une dysfonction thyroïdienne. Les taux de TSH étaient supérieurs chez les sujets les plus âgés, en particulier après 60 ans, chez les femmes (plus élevés de 0.1 mU/l) et plus élevés également, très tôt le matin ainsi qu’en hiver et au printemps. Il y avait une uniformité remarquable dans la fréquence des dysfonctions thyroïdiennes infracliniques, de même que dans les économies financières qui pouvaient être faites si les intervalles de TSH étaient recalculés en fonction de l’âge, du sexe et de la période de l’année. En conclusion, la TSH est fréquemment dosée dans la population générale mais n’est pas un bon discriminant des symptômes attribués à la dysfonction thyroïdienne. De plus, si l’on considérait l’influence de différents facteurs comme l’âge, le sexe, la saison, sur les limites de la normale de la TSH, on pourrait certainement faire des économies et prendre en charge de manière différente les patients.

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Marie GILARDI

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