L’intervention sur le style de vie est efficace pour prévenir la survenue d’un diabète de type 2 chez les sujets avec prédiabète

23/02/2021 Par Pr Philippe Chanson
Diabétologie Endocrinologie-Métabolisme
Près de la moitié de la population âgée a un diabète ou fait partie d’une catégorie à haut risque de développer un diabète du fait de glycémies intermédiaires prédiabétiques. Cependant, on dispose de peu d’arguments pour savoir si des programmes de prévention du diabète de type 2 sont efficaces dans ces populations à haut risque de devenir diabétiques.

Une équipe anglaise a mis en place un programme de prévention du diabète, la Norfolk Diabetes Prevention Study, une étude randomisée, en 3 groupes parallèles, qui a été menée pendant 46 mois de suivi entre 2011 et 2019 auprès de 135 cabinets de médecine générale et 8 sites d’intervention dans l’est de l’Angleterre. 141 973 sujets à risque de diabète de type 2 ont été identifiés et 12 778 (9 %) ont été screenés et randomisés. Il s’agissait soit de sujets ayant une hyperglycémie modérée à jeun entre 1.10 g/l et 1.26 g/l ou de sujets qui avaient une hémoglobine glyquée ≥ 6 % mais < 6.5 %, avec une glycémie > 1 g/l mais < 1.10 g/l. Le bras témoin recevait la prise en charge habituelle, le groupe intervention recevait des cours théoriques sur le style de vie puis 15 sessions d’entretien, un 3ème groupe comportait le même type d’intervention et de sessions de maintien mais disposait, en plus, de l’aide de volontaires entraînés ayant eux-mêmes un diabète de type 2 et servant de coachs. 1028 participants ont donc été randomisés : 424 dans le groupe intervention simple, 426 dans le groupe intervention avec aide de volontaires diabétiques et 178 dans le groupe témoin. L’âge moyen était de 65 ans. Au total 156 participants ont développé un diabète de type 2 dont 39 des 171 qui faisaient partie du groupe témoins (22.8 %), 55 des 403 qui recevaient l’intervention standard, soit 13.7 %, et 62 des 414 qui recevaient l’intervention sur le style de vie et qui étaient accompagnés par des diabétiques entraînés (15 %). Il n’y avait pas de différence significative entre les interventions mais chaque bras d’intervention avait un risque inférieur de diabète en comparaison des témoins (intervention : OR = 0.54 ; IC 95 % = 0.34 – 0.85, p = 0.01 ; intervention + aide des diabétiques volontaires : OR = 0.61 ; 0.39 – 0.96 ; p = 0.033). Les coûts des groupes d’intervention étaient faibles (153 $). En conclusion, le programme d’intervention sur le style de vie Norfolk Diabetes Prevention réduit le risque de diabète de type 2 chez les sujets à haut risque de devenir diabétique du fait de glycémies élevées. L’aide de volontaires diabétiques de type 2 entraînés n’apporte rien de plus.

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