Les fluctuations du poids corporel augmentent le risque cardiovasculaire des patients coronariens

13/04/2017 Par Pr Philippe Chanson
Cardio-vasculaire HTA

L’obésité est un facteur indépendant de maladie cardiovasculaire et de décès cardiovasculaire. La perte de poids est associée à une réduction du risque cardiovasculaire. Quel est l’effet d’une prise de poids suivie d’une reprise du poids, autrement dit de fluctuation du poids corporel (phénomène de yoyo) sur le pronostic en général et en particulier chez les sujets ayant déjà une coronaropathie? 

Afin de répondre à cette question, des chercheurs américains ont utilisé les données d’une étude qui s’était intéressée à l’efficacité et la sécurité d’abaisser les concentrations de LDL-cholestérol par de l’atorvastatine dans une population de sujets déjà coronariens. Le critère d’évaluation principal a été la survenue d’un évènement coronarien quel qu’il soit (décès coronarien, infarctus du myocarde non fatal, arrêt cardiaque avec ressuscitation, revascularisation ou angine de poitrine) et dans cette étude, ils ont analysé les effets des fluctuations du poids sur la survenue de ces complications chez les patients déjà coronariens. Sur les 9509 participants, après ajustement pour les facteurs de risque, les concentrations basales des lipides, le poids corporel moyen et les variations du poids (chaque augmentation d’une déviation standard de la variabilité du poids corporel mesurée en fonction de la variabilité moyenne successive et utilisée comme une covariable dépendante du temps) étaient associées avec une augmentation du risque d’événement coronarien (2080 évènements ; hazard ratio HR = 1.04 ; IC 95% = 1.01-1.07, p=0.01), avec une augmentation du risque d’évènement cardiovasculaire quel qu’il soit (sur 2727 évènements, HR 1.04 ; 1.02 à 1.07, p<0.001) et associées à un décès (487 évènements ; HR = 1.09 ; 1.07-1.12, p<0.001). Chez les patients dans le quintile avec les variations les plus élevées du poids corporel, le risque d’évènement coronarien était de 64% supérieur, le risque d’évènement cardiovasculaire de 85 % supérieur, le risque de décès de 124 % supérieur, le risque d’infarctus du myocarde de 117 % supérieur et le risque d’accident vasculaire cérébral de 136 % supérieur par rapport aux patients du quintile avec la variation la plus basse du poids corporel, en modèle ajusté. En conclusion, chez les participants coronariens, les fluctuations du poids corporel sont associées à une mortalité supérieure et un taux supérieur d’évènement cardiovasculaire et cela de manière indépendante des facteurs de risque cardiovasculaire traditionnels.

Faut-il diminuer le remboursement par l'Assurance maladie des médicaments à SMR faible ou modéré?

PETIT BOBO

PETIT BOBO

Non

Supprimer le remboursement des spécialités à SMR faible est une fausse bonne idée. D'une part parce que le coût pour la sécu est... Lire plus

 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

"Le père est une personne à part entière dans la grossesse" : une consultation dédiée encore méconnue par les...
29/07/2026
8
Urgences
Urgences en plein vol ou dans le train : pourquoi des médecins hésitent parfois à répondre à l'appel
13/07/2026
55
Enquête Déontologie
ENQUÊTE. "Certains patients veulent se payer un médecin" : ces plaintes abusives qui embolisent la justice...
15/06/2026
26
"Un médecin n'est jamais en retard : l'heure de convocation n'est pas l'heure de début de la consultation"
21/07/2026
0
Internat
"Il y a un suicide tous les 18 jours" : à bout, les internes désertent leurs stages pour défendre leurs droits
28/04/2023
2
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
16
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3