Les femmes avec un SOPK ont une moindre capacité de travail et un taux de mise à la retraite pour incapacité au travail supérieur

11/10/2022 Par Pr Philippe Chanson
Endocrinologie-Métabolisme
Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est associé à de nombreuses comorbidités qui peuvent affecter la fonction, en particulier professionnelle. Afin d’évaluer la capacité au travail, la participation à la vie professionnelle et les arrêts de travail prématurés pour incapacité chez les femmes d’âge moyen, ayant ou non un syndrome des ovaires polykystiques, une étude de cohorte a été mise en place sur l’ensemble de la population de Finlande du Nord.
 

Les femmes ayant un syndrome des ovaires polykystiques (n = 280) et les femmes sans symptôme évocateur de SOPK ou sans diagnostic de SOPK (n = 1 573) ont été identifiées dans la cohorte des femmes nées en 1966 en Finlande du nord et ont été évaluées par un questionnaire sur leur capacité au travail et les biais potentiels à l’âge de 46 ans, puis les taux d’incidence d’incapacité et les jours non travaillés ont été extraits de registres nationaux au cours d’un suivi prospectif de 2 années. Enfin les hazards ratios pour mise à la retraite pour incapacité entre 16 et 52 ans ont été obtenus à partir des registres nationaux. Les femmes ayant un SOPK rapportent une moins bonne capacité au travail à l’âge de 46 ans, particulièrement du fait d’une moins bonne santé. Au cours des deux ans de la période de suivi, les femmes ayant un SOPK ont subi en moyenne 1 mois supplémentaire d’incapacité ou de jours d’arrêt de travail correspondant à un risque 25 % supérieur pour ces deux paramètres (rapport des taux d’incidence = 1.25 ; IC 95 % = 1.22 – 1.27) pour l’incapacité et 1.26 (1.23 à 1.28) pour les arrêts de travail dans les modèles ajustés pour les facteurs de santé et les facteurs socio-économiques. Enfin, elles ont un risque cumulatif 2 fois supérieur de mise à la retraite anticipée pour incapacité à l’âge de 52 ans en comparaison des femmes n’ayant pas de SOPK (HR = 1.98 ; 1.40 à 2.80), risque qui persiste après ajustement pour les facteurs confondants (HR ajusté = 1.55 ; 1.01 – 2.38). En conclusion, le syndrome de ovaires polykystiques est bien associé à une moindre participation à la vie au travail et cela déjà dès l’âge moyen. Prendre en compte les multimorbidités en lien avec le SOPK et améliorer les efforts pour soutenir les carrières de ces femmes ayant des SOPK est donc indispensable.

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