L’adversité dans l’enfance, quand elle est très élevée et prolongée, pourrait favoriser un diabète de type 1

09/03/2021 Par Pr Philippe Chanson
Diabétologie Pédiatrie

Vivre des événements difficiles dans l’enfance pourrait augmenter le risque de diabète de type 1 par une hyperactivation du système de réponse au stress. Cependant, les arguments empiriques sont divergents si bien qu’une équipe d’épidémiologistes danois a étudié l’incidence, en fonction de l’âge, du diabète de type 1, dans les deux sexes et cela pour 5 groupes prédéfinis couvrant les trajectoires d’événements difficiles chez les enfants danois. 1 081 993 enfants, sans antécédents de diabète de type 1 chez les parents, nés au Danemark entre 1980 et 1998, ont été inclus dans l’étude. Les données de registres ont été utilisées pour estimer les taux d’incidence du diabète de type 1 dans 5 groupes différents d’adversité, caractérisés pour le groupe 1 par une faible adversité, pour le groupe 2 par de mauvaises conditions matérielles tôt dans la vie, pour le groupe 3 par de mauvaises conditions matérielles persistantes, pour le groupe 4 par la survenue d’un décès ou par la crainte d’un décès dans la famille et pour le groupe 5 par une accumulation de plusieurs des conditions d’adversité précédentes. Toutes les analyses ont été stratifiées en fonction du sexe. Au total, 5 619 personnes ont développé un diabète de type 1 avant 2016. Seules quelques différences minimes ont été mises en évidence lorsque les taux d’incidence du diabète de type 1 étaient comparés entre les différents groupes d’adversité. La seule différence nette était observée entre le groupe « adversité élevée du groupe 5 et le groupe 1 « adversité faible » dans lesquels les hommes avaient une incidence supérieure de diabète de type 1 dans l’enfance avant 11 ans, avec un rapport des taux d’incidence de 1.78 (IC 95 % = 2.31 – 2.42), tandis que les femmes avaient un taux d’incidence supérieur à l’âge adulte jeune (≥ 16 ans) avec un rapport de taux d’incidence de 2.19 (1.57 – 3.07). En conclusion, des événements difficiles dans l’enfance ne sont pas clairement associés à une augmentation de l’incidence du diabète de type 1 en fonction de l’âge, à l’exception de ceux qui sont exposés à une adversité très élevée et répétée. Les différences entre les hommes et les femmes très exposés semblent dépendre de l’âge de début du diabète de type 1.

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