Incidentalome surrénalien : l’amincissement de la surrénale controlatérale est évocateur d’une hypersécrétion de cortisol

21/09/2020 Par Pr Philippe Chanson
Endocrinologie-Métabolisme
Les incidentalomes surrénaliens sont de plus en plus fréquents du fait de l’augmentation des explorations radiologiques, atteignant une prévalence de 10 % chez les sujets âgés. 80 % des incidentalomes surrénaliens sont non fonctionnels mais on sait que 10 à 30 % des adénomes découverts de manière fortuite peuvent en fait sécréter une petite quantité de cortisol de manière autonome. Les adénomes surrénaliens autonomes, lorsqu’ils secrètent une quantité importante de cortisol, peuvent être à l’origine d’un syndrome de Cushing ou d’un hypercortisolisme infraclinique parfois difficile à mettre en évidence et pour lequel la décision thérapeutique est difficile.

Une façon d’aborder la sécrétion autonome de cortisol par une surrénale pourrait être d’évaluer les caractéristiques radiologiques de la surrénale controlatérale. En effet, en cas d’hypercortisolisme, le freinage de l’ACTH peut, à long terme, entraîner une atrophie plus ou moins importante de la surrénale controlatérale et la mesure radiologique devrait donc permettre d’aider à définir le caractère autonome hypersécrétant de cortisol d’un adénome surrénalien. Dans une étude coréenne ayant inclus 64 patients ayant un syndrome de Cushing patent, 59 patients ayant un hypercortisolisme autonome très modéré et 64 patients ayant un adénome surrénalien non fonctionnel, le volume et l’épaisseur des jambages de la surrénale controlatérale à l’adénome ont été mesurés par des analyses radiologiques planaires ou volumétriques. L’âge moyen des patients était de 56.6 ± 1 ans et 123 patients (65.1 %) étaient des femmes. Les syndromes de Cushing avaient des adénomes surrénaliens supérieurs en termes de volume à ceux des hypercortisolismes modérés infracliniques et à ceux des adénomes non fonctionnels alors que le volume de la glande surrénalienne controlatérale et l’épaisseur des jambages diminuaient en sens inverse. Les patients ayant un hypercortisolisme infraclinique ou un syndrome de Cushing patent avaient plus souvent une ostéoporose que ceux qui avaient un adénome non fonctionnel (p = 0.006) et les patients ayant un syndrome de Cushing avaient plus souvent une fracture de fatigue en comparaison de ceux ayant un adénome non fonctionnel ou un hypercorticisme infraclinique (p = 0.002). Parmi les caractéristiques radiologiques, l’épaisseur des jambages de la surrénale controlatérale étaient corrélés aux concentrations de cortisol après freinage minute (r = -0.583 ; p < 0.001). On peut donc utiliser l’analyse de la surrénale controlatérale à un adénome surrénalien et en particulier l’épaisseur du jambage surrénalien pour définir le caractère autonome de sécrétion du cortisol.

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