Hyperaldostéronisme primaire : la chirurgie fait mieux que le traitement médical pour réduire les complications cardiovasculaires et la mortalité

10/01/2023 Par Pr Philippe Chanson
Endocrinologie-Métabolisme
L’hyperaldostéronisme primaire (HAP) est la cause la plus fréquente d’hypertension artérielle secondaire, dont la prévalence a longtemps été sous-estimée.  Il en existe deux sous-types pathologiques fréquents : l’adénome de Conn, unilatéral, et l’hyperplasie bilatérale idiopathique.
 

S’il est recommandé d’opérer les adénomes de Conn latéralisés en proposant une surrénalectomie, l’hyperplasie bilatérale des surrénales est plutôt traitée médicalement par un antagoniste du récepteur des minéralocorticoïdes. Une augmentation du risque d’événements cardiovasculaires et cérébro-vasculaires ainsi que de la mortalité est observée chez les patients avec HAP en comparaison de ceux ayant une hypertension artérielle essentielle. Le type de traitement (chirurgical ou médical) donné en cas d’HAP joue-t-il un rôle dans ce sur-risque ? Une revue systématique avec méta-analyse a été menée par un groupe taïwanais pour répondre à cette question. Neuf études portant sur 8 473 patients adultes ayant un HAP ont été incluses. Une incidence inférieure du critère composite principal (mortalité globale et/ou événement cardiovasculaire majeur, c’est-à-dire coronaropathie, accident vasculaire cérébral, arythmie et insuffisance cardiaque congestive) a été observée dans le groupe surrénalectomie en comparaison du groupe traitement médicamenteux, avec un odds ratio de 0.46 (IC 95 % = 0.38 à 0.56 ; p < 0.001). La mortalité globale est également moindre (odds ratio = 0.33 ; 0.15 à 0.73 ; p = 0.006) de même que les événements cardiovasculaires majeurs (OR = 0.55 ; 0.40 à 0.74 ; p = 0.001) dans le groupe surrénalectomie. L’incidence de la coronaropathie (odds ratio = 0.33 ; 0.15 à 0.75 ; p = 0.008), celle des arythmies (odds ratio = 0.46 ; 0.27 à 0.81 ; p = 0.007) et celle de l’insuffisance cardiaque congestive (0.52 ; 0.33 à 0.81 ; p = 0.004) était également inférieure dans le groupe surrénalectomie. La méta-régression a montré que l’âge des patients pouvait atténuer les bénéfices de la surrénalectomie sur le critère d’évaluation principal composite. L’analyse séquentielle des essais a montré que la taille de l’échantillon et la taille de l’effet étaient suffisamment importantes pour permettre une conclusion solide et que les avantages de la surrénalectomie sur le traitement médicamenteux étaient constants au cours de la séquence chronologique. En conclusion, la surrénalectomie doit être préférée au traitement médicamenteux chez les patients ayant un hyperaldostéronisme primaire pouvant justifier d’une surrénalectomie car elle réduit le risque de mortalité globale et/ou d’événement cardiovasculaire majeur et doit être considérée comme le traitement de choix. Il est possible que le bénéfice de la surrénalectomie diminue avec l’âge, mais ceci doit être étudié par des analyses complémentaires.

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