Hydrochlorothiazide au long cours : surrisque de cancers cutanés (spino et basocellulaires)

13/12/2017 Par Dr Alain Trébucq
Cardio-vasculaire HTA

L’hydrochlorothiazide est un diurétique thiazidique figurant parmi les produits les plus prescrits dans l’hypertension artérielle, notamment aux Etats-Unis et en Europe de l’Ouest.

Son effet photosensibilisant est connu avec, sur une longue durée de consommation, un risque accru de cancer de la lèvre. Mais une étude réalisée au Danemark et dont les résultats viennent d’être publiés dans l’American Journal of the Academy of Dermatology révèle que la consommation au long cours de ce médicament antihypertenseur augmentait également les risques de cancer cutanés de type basocellulaire ou spinocellulaire. Les auteurs ont fait appel au registre danois des cancers afin de recenser tous les cancers cutanés autres que des mélanomes sur la période allant de 2004 à 2012. Chaque cas était opposé à 20 témoins appariés pour l’âge et le sexe. La consommation d’hydrochlorothiazide était calculée sur la période 1995-2012 grâce au registre danois des prescriptions. Un modèle de régression logistique a ensuite permis de calculer le risque de baso- ou de spinocellulaire en fonction de la consommation de ce diurétique. Pour les consommations les plus élevées, il a été noté un surrisque de 29% de basocellulaire (OR = 1.29, IC 95% = 1.23 – 1.35) mais surtout de cancer spinocellulaire, avec un OR de 3.98 (3.68 – 4.31). Ce risque pouvait même être multiplié par un facteur 7 quand n’étaient étudiée que la petite fraction des patients concernés par une consommation cumulée la plus élevée (> 200.000 mg). Ce sur-risque n’était pas retrouvé avec les autres diurétiques ou autre classes thérapeutiques utilisées dans le traitement de l’hypertension artérielle. Pour les auteurs, ces résultats ne remettent pas en cause l’intérêt de l’hydrochlorothiazide en tant que médicament de l’HTA mais au moment du choix thérapeutique face à une maladie chronique, il importe de prendre en compte l’environnement du patient. Si celui-ci vit dans une région fortement ensoleillée, il est raisonnable de faire un autre choix que celui de l’hydrochlorothiazide.

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