Grippe ou Covid : quel est le virus qui tue le plus ?

08/12/2022 Par Marielle Ammouche
Infectiologie
Une étude de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees), qui vient d’être publiée, met en évidence que la mortalité totale à 1 an liée au Covid pour les patients ayant été hospitalisés en soins critiques est du même ordre de grandeur que pour la grippe, mais inférieure si on considère uniquement la période post-réa. La morbidité liée au Covid reste élevée durant l’année ayant suivi l’hospitalisation.
 

Les auteurs se sont ainsi intéressés au devenir des patients après un passage en réanimation pour une infection liée au Sars-CoV-2. Ainsi, entre le 1er mars 2020 et le 30 juin 2021, 106 000 patients atteints de Covid-19 ont été admis en soins critiques. Parmi eux, 80 000 en sont sortis vivants, dont 15 % ont été transférés en soins de suite et de réadaptation (SSR), en particulier les sujets âgés et ceux ayant nécessité une ventilation mécanique invasive. Pour ces derniers, le taux de transfert en SSR atteignait 31 %. A un an, les patients sortis vivant de réa avaient un taux de mortalité de 7 %, ce qui est « faible » et « inférieur à celui des malades atteints de la grippe » précisent les auteurs de l’étude. Cependant, ceci est contrebalancé par le fait que les patients atteints de Covid meurent plus souvent en réa. Au total, (mortalité en réa + mortalité après la réa), la mortalité à un an est du même ordre de grandeur : 31 % contre 30 % pour les patients admis pour grippe. L’étude fournit aussi des précisions sur les caractéristiques des patients hospitalisées en soins critiques pour cause de Covid. En particulier, ils présentent moins de facteurs pulmonaires que les sujets de réa pour grippe. Ainsi, Huit patients sur dix admis en réa pour Covid ne présentaient pas d’antécédent de maladie pulmonaire chronique ou de suivi pneumologique antérieur, contre six patients sur dix admis pour grippe (données de 2014 et 2019). Et au cours du suivi post hospitalisation, la morbidité a été importante. Ainsi, 27 % des patients admis en soins critiques et ne présentant pas d’antécédent pulmonaire ont eu au moins une consultation de ville de pneumologie. Deux tiers des patients dialysés pendant leur séjour ne présentaient pas d’antécédent néphrologique ; et parmi eux, 19 % ont dû voir un néphrologue de ville l’année suivant leur sortie; 13 % ont dû être réhospitalisés avec un nouveau diagnostic de maladie rénale chronique ; et 4 % ont nécessité des séances régulières de dialyse. Enfin, sur le plan psychiatrique, 9 % ont eu au moins une délivrance d’antidépresseurs durant l’année suivant leur sortie de réa, alors qu’ils n’avaient pas d’antécédent de ce type.

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