Embolies pulmonaires : plus besoin d’hospitalisation systématique

11/12/2017 Par Marielle Ammouche
Cardio-vasculaire HTA

Le traitement des accidents thrombo-emboliques veineux peut être efficacement effectué à domicile, rapportent les Hospices Civils de Lyon.

Leurs services d’urgences et de médecine interne et vasculaire proposent, en effet, depuis peu aux patients venant consulter pour une maladie thrombo-embolique veineuse (MTEV) non grave de rentrer chez eux avec un traitement ad hoc et un rendez-vous de suivi à J+3. "On croit encore que toutes les phlébites ou les embolies pulmonaires sont des pathologies graves nécessitant une hospitalisation et une surveillance importante. En fait, 3 à 4 fois sur 10, l’hospitalisation peut être évitée puisqu’il s’agit avant tout d’administrer un traitement anticoagulant par voie orale. Il est de mieux en mieux toléré et efficace en quelques heures", explique Hélène Desmur-Clavel, médecin interniste et vasculaire à l’origine de la prise en charge. "Après validation du degré de gravité de la MTEV (score clinicobiologique), le patient rentre chez lui avec un courrier explicatif et un traitement anticoagulant et peut à tout moment contacter l’hôpital s’il constate un problème. Il est systématiquement revu à J+3 pour un 'debriefing' et d’autres consultations sont envisagées à M+1, +6...", complète-t-elle. Pour valider cette prise en charge, une phase test a été mise en place à l’hôpital Edouard-Herriot. Sur la première année, 36 patients (24 hommes ; âge moyen 53,3 ans) ont bénéficié de cette prise en charge, ce qui représente 18% des MTEV accueillis aux urgences. Sur ces 36 patients, ont été diagnostiqués : 16 embolies pulmonaires, et 24 phlébites. Deux patients n’ont pas suivi la filière en totalité. "Le bilan à un an est globalement positif puisque qu’il n’y a eu aucune post-hospitalisation et qu’aucune hémorragie n’a été observée", assurent les HCL. Les patients ont été globalement satisfaits. A terme, on estime que la prise en charge à domicile pourrait être appliquée dans 30 à 40%. Cela concernerait environ 700 patients /an.

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