Diarrhée associée aux antibiotiques : certains probiotiques recommandés en pédiatrie

27/07/2020 Par Corinne Tutin
Pédiatrie
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Le groupe francophone d’hépato-gastroentérologie et nutrition pédiatriques  recommande d’utiliser Saccharomyces boulardii CNCM et Lactobacillus rhamnosus GG pour prévenir certaines diarrhées infantiles associées aux antibiotiques.

La diarrhée associée aux antibiotiques (DAA) se rencontre chez environ 10 % des enfants traités par ces médicaments, plus fréquemment après utilisation de l’association amoxicilline-acide clavulanique. Le plus souvent observée avant l’âge de 2 ans, elle représente une manifestation à court terme du déséquilibre du microbiote intestinal  induit par les antibiotiques, lequel peut apparaître dans les 24 heures suivant leur administration et persister jusque 6 semaines après son arrêt. En raison de cette dysbiose, une antibiothérapie prescrite avant l’âge de 2 ans pourrait également favoriser l’apparition au long cours d’un syndrome de l’intestin irritable, de surpoids, de diabète, d’allergies et de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (Mici), suggèrent d’autres travaux cliniques.  Des experts du Groupe francophone d’hépato-gastroentérologie et nutrition pédiatriques (GFHGNP), qui rassemble près de 160 membres en France, Suisse, Belgique et au Maghreb, ont publié en septembre 2019 un texte de recommandations pour prévenir ces diarrhées (1). Ils conseillent de limiter - bien sûr -l’antibiothérapie aux situations cliniques le justifiant. Mais admettent aussi, au vu de la littérature scientifique, et notamment d’une méta-analyse de 33 études ayant rassemblé 6 352 enfants (2), que certains probiotiques comme Saccharomyces boulardii CNCM et Lactobacillus rhamnosus GG, qui ont démontré une efficacité dans des essais cliniques, peuvent être utilisés pour prévenir certaines de ces diarrhées en fonction du contexte clinique (âge de l’enfant, antibiotiques utilisés, comorbidités, antécédents de DAA). Le surpoids et l’obésité maternels pourraient augmenter le risque d’adiposité et de pathologie cardiovasculaire et métabolique chez les enfants Pour les autres souches de probiotiques, les experts francophones ne se prononcent pas, les preuves étant jugées insuffisantes. Au vu de la méta-analyse, « le risque de DAA semble abaissé de 40 % avec les probiotiques, mais avec des effets différents selon les souches utilisées ».  Il n’a pas été relevé d’effet indésirable grave avec des probiotiques dans celle-ci.  Ces recommandations confirment celles de la Société européenne de gastro-entérologie, hépatologie et nutrition pédiatrique (ESPGHAN), qui conseille d’utiliser L. rhamnosus ou S. boulardii CNCM I-745 dans les DAA (3). *European Society for Paediatric Gastroenterology Hepatology and Nutrition

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