Diabète de type 1 et surveillance continue du glucose interstitiel par patch : en méthode intermittente (flash) ou en mesure continue avec alertes ?

23/06/2021 Par Pr Philippe Chanson
Diabétologie Endocrinologie-Métabolisme
Les diabétiques de type 1 peuvent surveiller de manière continue leurs concentrations de glucose à la demande grâce à un patch collé sur la peau et mesurant le glucose interstitiel, soit en passant un détecteur devant le capteur de manière intermittente (méthode flash), soit en utilisant une surveillance continue du glucose en temps réel avec une fonctionnalité d’alerte réglée en fonction des glycémies mesurées. Mais le passage de la surveillance continue du glucose intermittente (SCGI) à une surveillance continue du glucose en temps réel (SCGTR) apporte-t-il un bénéfice supplémentaire ?

Pour répondre à cette question, l’équipe belge de Chantal Mathieu, à Louvain, a mis en place un essai clinique comparant la SCGI à la SCGTR chez les diabétiques de type 1. L’étude était une étude prospective à double bras, en groupes parallèles, multicentrique, randomisée, contrôlée dans 6 hôpitaux belges. Les adultes, diabétiques de type 1, qui utilisaient auparavant la SCGI ont été assignés de manière randomisée soit au groupe intervention, dans lequel ils passaient à la SCGTR, soit à un groupe témoin où ils poursuivaient la SCGI. Le critère d’évaluation principal était la différence moyenne entre les groupes pour le temps passé dans la cible, après 6 mois, évalué en intention de traiter. Entre janvier et juillet 2019, 269 participants ont été recrutés dont 254 ont été assignés de manière randomisée, pour 127 à la SCGTR et pour 127 à la SCGI. Après 6 mois, le temps dans la cible était supérieur chez les patients passés en SCGTR en comparaison des témoins restés sous SCGI (59.6 % vs 51.9 %, différence moyenne = 6.85 points de pourcentage ; IC 95 % = 4.36 – 9.34 ; p < 0.001). Après 6 mois, l’hémoglobine glyquée était inférieure (7.1 % vs 7.4 % ; p < 0.0001) comme l’était le temps passé à moins de 3 mmol/l (0.47 % vs 0.84 % ; p = 0.007). Le score du questionnaire sur la peur de l’hypoglycémie était aussi inférieur (15.4 vs 18 ; p = 0.0071). Le nombre de participants sous SCGTR faisant des hypoglycémies sévères était inférieur (3 vs13 ; p = 0.082). Des réactions cutanées étaient plus fréquemment observées sous SCGI et un saignement après l’insertion du sensor était plus fréquemment rapporté sous SCGTR. En conclusion, dans une population diabétique de type 1 non sélectionnée, passer de la surveillance continue du glucose intermittente à la surveillance continue du glucose en temps réel améliore significativement le temps passé dans la cible après 6 mois de traitement, ce qui indique que les cliniciens doivent probablement préférer ce mode de surveillance du glucose pour la santé et la qualité de vie des diabétiques de type 1.

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Valérie Briole

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