Covid : davantage de formes graves chez les patients psychiatriques

21/07/2021 Par Marielle Ammouche
Infectiologie Psychiatrie
Les personnes atteintes de maladies psychiatriques présentent un risque plus élevé de développer une forme grave de Covid-19 et d'en décéder, que la population générale. Telles sont les conclusions d’une méta-analyse de 33 études internationales parues sur le sujet, dans la revue britannique The Lancet Psychiatry.

Selon ces données, les patients souffrant de troubles mentaux ont un risque deux fois plus élevé de mourir d’une infection au Sars-CoV-2. Cette association se retrouve en particulier pour les troubles psychotiques, les troubles de l'humeur, les addictions et les retards mentaux, mais pas pour les troubles anxieux. Le fait de recevoir un traitement antipsychotique, anxiolytique ou antidépresseur accroit encore ce surrisque de mortalité (multiplié par 3,7, 2,6 et 2,2 respectivement). Le risque d’hospitalisation pour Covid-19 est lui aussi multiplié par 2,2 chez les patients atteints de troubles mentaux. En revanche, le risque d’admission en soins intensifs n’est pas augmenté. 

Ce phénomène pourrait être lié à un déficit d’accès aux soins, aux traitements utilisés, mais aussi à des phénomènes immuno-inflammatoires. « Nous savons que ces patients sont confrontés à d'importants obstacles aux soins médicaux et nos résultats suggèrent qu'un accès réduit aux soins pourrait avoir contribué à l'augmentation de la mortalité observée dans ce groupe », estime l'une des auteures, Livia De Picker, de l'hôpital psychiatrique universitaire Campus Duffel (Belgique). Autres hypothèses, ce surrisque pourrait « refléter des processus biologiques tels que des altérations immuno-inflammatoires liées aux troubles psychiatriques », tandis que les traitements « antipsychotiques pourraient augmenter les risques cardiovasculaires et thromboemboliques, interférer avec une réponse immunitaire et provoquer des interactions avec les médicaments utilisés pour traiter le Covid-19 », ajoute Marion Leboyer, directrice de la Fondation FondaMental. 

« Nos résultats soulignent la nécessité d'approches ciblées pour gérer et prévenir le Covid-19 dans les groupes de patients à risque identifiés dans cette étude », plaident les auteurs. « Les autorités de santé publique doivent prendre des mesures ciblées pour assurer une vaccination maximale » de ces patients et « lutter contre une éventuelle réduction de l'accès aux soins », estime en particulier la Dr De Picker. 

Faut-il restreindre les conditions d'accès au secteur 2?

Herve  Koskas

Herve Koskas

Non

Nous restons dans le gre à grè. L information doit etre claire: pas de surprise ; pas de dessous de table; c'est le but du S2 !. ... Lire plus

 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Enquête Déontologie
ENQUÊTE. "Certains patients veulent se payer un médecin" : ces plaintes abusives qui embolisent la justice...
15/06/2026
23
Histoire
Clémenceau : le médecin le plus puissant de l’histoire de France a son expo
12/06/2026
20
VSS
"Je hurlais de douleur et leur demandais d'arrêter" : cette enquête révèle l'ampleur des atteintes au...
18/06/2026
12
Infectiologie
Maladie de Lyme : malgré des avancées, des patients toujours en errance
27/05/2026
2
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
16
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2