Bien qu’en recul, persistance d’un excès de maladies cardiovasculaires et de mortalité chez les patients diabétiques de type 1

13/09/2022 Par Pr Philippe Chanson
Endocrinologie-Métabolisme
Historiquement, l’incidence des maladies cardiovasculaires et la mortalité chez les patients ayant un diabète de type 1 (DT1) est considérée comme augmentée en comparaison de la population générale. Cependant, on manque d’études récentes sur les tendances de la mortalité et des maladies cardiovasculaires en fonction du temps. Une équipe suédoise a donc réalisé une étude d’observation chez des patients ayant un DT1 identifié dans le registre national suédois du diabète (n = 45 575). Ces patients ont été comparés à des témoins appariés de la population générale (n = 220 141).

Les taux d’incidence de décès et de maladies cardiovasculaires et leur évolution entre 2002 et 2017-2019 ont été estimés chez les DT1 de manière globale puis de manière stratifiée en fonction des complications cardiovasculaires et rénales en comparaison des témoins non diabétiques. L’âge moyen chez les patients DT1 était de 32.4 ans et 44.9 % (soit 20 446 sur 45 575) étaient des femmes. La mortalité ajustée à l’âge et au sexe a diminué au cours du temps dans les deux groupes mais est restée significativement supérieure chez les patients DT1 en comparaison des témoins puisqu’en 2017-2019, elle était de 7.62 (IC 95 % = 7.16 – 8.08) décès pour 1000 personnes/année alors qu’elle était de 2.23 (2.13 – 2.33) décès pour 1000 personnes/année chez les témoins. Les infarctus du myocarde, les insuffisances cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux ont diminué au cours du temps dans les deux groupes mais il persistait une augmentation du risque (3.4 à 5 fois supérieur) en 2017-2019 chez les sujets ayant un DT1. Les patients DT1 de plus de 45 ans, sans pathologie rénale ou cardiovasculaire, avaient des taux de mortalité standardisée similaires ou même inférieurs à ceux des témoins : 5.55 (4.51 – 6.6) versus 7.8 (6.75 – 7.40) dans la dernière période de temps. En conclusion, un excès de mortalité persiste au cours du temps chez les sujets ayant un diabète de type 1, plus important chez les patients ayant des complications cardiaques ou rénales. L’amélioration de la prévention secondaire avec une individualisation du traitement est nécessaire afin de réduire la différence de mortalité chez les diabétiques de type 1.

Faut-il restreindre les conditions d'accès au secteur 2?

Herve  Koskas

Herve Koskas

Non

Nous restons dans le gre à grè. L information doit etre claire: pas de surprise ; pas de dessous de table; c'est le but du S2 !. ... Lire plus

4 débatteurs en ligne4 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Enquête Déontologie
ENQUÊTE. "Certains patients veulent se payer un médecin" : ces plaintes abusives qui embolisent la justice...
15/06/2026
23
Histoire
Clémenceau : le médecin le plus puissant de l’histoire de France a son expo
12/06/2026
20
VSS
"Je hurlais de douleur et leur demandais d'arrêter" : cette enquête révèle l'ampleur des atteintes au...
18/06/2026
12
Infectiologie
Maladie de Lyme : malgré des avancées, des patients toujours en errance
27/05/2026
2
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
16
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2