Asthme allergique : les androgènes auraient un rôle clé

01/06/2017 Par Marielle Ammouche
Pneumologie

Des auteurs français et australiens mettent en évidence que les androgènes agissent sur certaines cellules immunitaires impliquées dans l’asthme allergique. Ce qui pourrait expliquer les différences liées au sexe observées dans l’épidémiologie de la maladie.

L'asthme est caractérisé par une répartition hommes/femmes variable en fonction de l’âge. Ainsi, sa prévalence est plus importante parmi chez les garçons par rapport aux filles avant l'âge de 10 ans, alors que cette tendance s'inverse à la puberté. Chez l'adulte, l’asthme allergique est deux fois plus fréquent chez les femmes et ces dernières développent des formes plus sévères de la maladie. C’est pourquoi des chercheurs français (Toulouse) en collaboration avec une équipe australienne ont voulu approfondir la question d’un lien possible entre le système immunitaire impliqué dans l’asthme et les hormones sexuelles. Ils ont tout d’abord mis en évidence que, comme chez l’homme, les souris mâles développaient un asthme allergique aux acariens beaucoup moins sévère que les femelles. Cette différence disparaissait chez les mâles castrés, tandis que la "castration" des femelles n'avait aucun effet, suggérant un rôle clé des hormones mâles, les androgènes. Les auteurs ont ensuite confirmé in vitro l’implication des androgènes, en montrant que certaines cellules immunitaires de découverte récente, impliquées dans le développement de l’asthme allergique, les ILC2 (pour type 2 Innate lymphoid Cells), possèdent bien le récepteur aux androgènes. Plus précisément, les travaux ont montré que la testostérone inhibait le développement des ILC2, tandis qu'un anti-androgène avait l'effet inverse. En outre, chez des souris mâles non castrées mais ne portant aucun récepteur aux androgènes sur leurs cellules ILC2, les chercheurs ont constaté une prolifération plus importante de ces dernières dans les poumons, associée à une inflammation plus sévère -ce qui confirmait le rôle clé du récepteur aux androgènes. Selon Jean-Charles Guéry (Toulouse) un des auteurs de cette étude, ces données mettent en évidence un nouveau mécanisme à l'origine des différences liées au sexe dans l'asthme allergique : "Le récepteur aux androgènes pourrait représenter une nouvelle cible thérapeutique, dans le but d'inhiber l’action des cellules lymphoïdes innées de type 2 chez les patients asthmatiques. A moyen terme, cela pourrait devenir un traitement de l'asthme allergique", conclut-il. L'asthme touche plus de 4 millions de personnes en France.

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