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Adopteunethèse.fr, une plateforme de "like" entre thésards et directeurs en médecine générale
Depuis 2024, la faculté de médecine de l’université de Saint-Etienne a lancé une nouvelle plateforme maison pour faciliter la procédure d’appariement entre thésards et directeurs de thèse en médecine générale. Présenté au congrès WONCA le 3 juillet, l’outil est développé au niveau national et devrait être étendu à d’autres spécialités.
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Comme Stéphane Bouxom le rappelle d’emblée, le travail qu’il vient présenter aujourd’hui devant les congressistes est bien celui du chef de clinique Dragos-Paul Hagiu. "Il a développé le projet, réalisé tout le codage du site et c’est son travail qui a participé à la montée en charge de cette plateforme au niveau national", résume le chef de clinique en médecine générale à Saint-Étienne. Créée en 2024, Adopteunethèse.fr est aujourd’hui soutenue par le CNGE et l’UNESS qui devrait héberger prochainement la plateforme.
Une réussite pédagogique qui devenait "urgente" avec l’arrivée de la quatrième année d’internat en médecine générale et la nécessité pour les futurs docteurs juniors de passer leur thèse d’exercice en trois ans.
Faire matcher les propositions de thèses
"L’objectif est de servir à la fois les thésards et les directeurs de thèses", précise Stéphane Bouxom qui a participé à la mise en place et l’évaluation de la plateforme. Comme le rappelle l’article qui résume les principes de cet outil, les défis étaient nombreux. Pour les étudiants en troisième cycle de médecine générale : "difficultés à trouver un sujet pertinent, manque de temps en raison des stages, manque de motivation, accès limité à un accompagnement méthodologique (recherche bibliographique, analyse statistique), et difficulté à identifier un directeur de thèse. Ces obstacles expliquent que la thèse soit parfois vécue comme une expérience négative." Du côté des directeurs, le premier frein reste le manque de temps. "Par exemple, à Saint-Étienne, un enseignant de médecine générale nommé encadre en moyenne 10 à 15 thèses par an", précise les auteurs de l’article. "Les internes ont moins d’expérience professionnelle, c’est parfois difficile de trouver un sujet de thèse alors qu’un praticien peut, lui, avoir des questionnements qui pourraient faire l’objet d’une thèse mais il n’a ni le temps, ni un interne disponible pour l’aider à mener ce travail", éclaire Stéphane Bouxom.
Sur la plateforme Adopteunethèse.fr, chacun peut donc proposer un sujet de thèse et indiquer s’il cherche un thésard ou un directeur de thèse. "On peut ajouter des filtres pour préciser la méthodologie utilisée, aller plus ou moins loin dans l’explication de la problématique, on peut aussi chercher en fonction du lieu géographique parce que travailler dans le même département de médecine générale, ça peut faciliter les choses", précise le chef de clinique. Dès qu’un sujet plaît à l’un ou l’autre, il y a matching. "On like une proposition et on peut engager un échange, détaille Stéphane Bouxom. Il n’y a pas d’engagement direct, on discute avant de s’engager. C’est tout le principe aussi de la plateforme, ne pas fournir d’annuaire de contacts mais bien de faire du lien avec les sujets de thèse."
Un outil nécessaire pour les thésards
Disponible depuis janvier 2024, la plateforme a fait l’objet d’une première évaluation qui a démontré que 84 % des répondants "ont trouvé intéressante la présence d’une application d’appariement, évoquant le gain de temps, une mise en relation facilitée, la protection contre des sollicitations trop envahissantes". En un an, l’outil comptabilisait 432 membres et en mars dernier, deux ans après la mise en place de la plateforme, ils étaient 2.805 utilisateurs actifs. Parmi eux, majoritairement des thésards. "Déjà, parce qu’ils sont de fait, plus nombreux que les directeurs de thèse. Contrairement à d’autres spécialités où le ratio est moins important."
Sur l’année 2024, 44 projets de thèses ont été déposés et 9 appariements ont été réalisés. "Les retours recueillis indiquaient une perception globale positive de l’outil par les utilisateurs", assure les auteurs de l’article.
Les phases de test et d’évaluation ont entraîné des améliorations à commencer par la possibilité pour les départements de médecine générale de déposer directement sur la plateforme des modalités de présentation de la thèse par exemple. "Les exigences ne sont pas les mêmes d’une faculté à l’autre. Cela permet donc de faire passer des informations ciblées", note Stéphane Bouxom. "Des évolutions sont envisagées dans les prochaines itérations, incluant des ressources pédagogiques, des modèles de fiches projet et un éventuel espace de validation par les DMGs. La question de la qualité des projets pourra faire l’objet d’études complémentaires", peut-on lire dans les conclusions de l’article.
Une innovation pédagogique qui dépasse la médecine générale
Depuis quelques mois seulement, la plateforme Adopteunethèse.fr s’est développée au niveau national grâce au partenariat du CNGE et de l’UNESS. "Le fait qu’elle s’institutionnalise c’est intéressant pour son développement, elle va monter en charge et permettre d’accueillir les demandes accrues", estime Stéphane Bouxom. Indispensable au moment où les internes devront passer leur thèse d’exercice en seulement trois ans avec la mise en place de la quatrième année d’internat de médecine générale.
La plateforme pourrait désormais être dupliquée pour d’autres spécialités. "En fonction des disciplines, ce sont peut-être plutôt les directeurs de thèse qui pourraient s’emparer de l’outil", imagine le chef de clinique, même si selon Stéphane Bouxom, les outils d’appariement déjà existant à l’échelle des facultés continueront d’être utilisés en parallèle. "Mais c’est quand même quelque chose de se dire qu’une jeune spécialité comme la médecine générale est capable de proposer des innovations pédagogiques comme celle-ci."
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