Conseil constitutionnel

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L'aide à mourir validée par le Conseil constitutionnel malgré quelques réserves

Saisi notamment par le Premier ministre et le président du Sénat, le Conseil constitutionnel a émis plusieurs réserves concernant la loi sur l'aide à mourir, notamment à propos de la clause de conscience. Les Sages ont cependant validé le texte dans son ensemble. 

14/08/2026 Par Louise Claereboudt
Fin de vie
Conseil constitutionnel

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Le Conseil constitutionnel a déclaré "conforme à la Constitution" l'ensemble des dispositions déférées de la loi relative au droit à l'aide à mourir. Les Sages, destinataires de cinq saisines, ont toutefois formulé trois réserves d'interprétation, dont deux concernant la clause de conscience, qui permet à un soignant de refuser de participer à l'acte létal.

Le Conseil constitutionnel estime ainsi que le responsable d'un établissement privé doit pouvoir être en mesure de "refuser que la procédure d'aide à mourir [qui] se déroule dans ses locaux lorsqu'une telle procédure est manifestement contraire aux missions statutaires ou au projet de l'établissement". Et ce à condition qu'il ne soit pas seul à pouvoir répondre "aux besoins locaux". 

L'instance juge également que la clause de conscience dont bénéficient les médecins et infirmières doit aussi pouvoir s'appliquer aux pharmaciens, estimant que "la réalisation d'une préparation magistrale létale ou sa délivrance est susceptible de heurter les convictions personnelles du pharmacien qui en est chargé". 

Enfin, le Conseil constitutionnel a émis une troisième réserve pour les patients sous tutelle ou curatelle. "Il appartient au médecin auquel la demande d'aide à mourir d'un majeur protégé a été adressée de prendre en compte, dans sa décision, les observations recueillies auprès de la personne chargée de la mesure de protection juridique", écrit l'instance dans sa décision rendue vendredi 14 août.

En se limitant à ces trois réserves, le Conseil ne demande pas la réécriture du texte, adopté mi-juillet par les parlementaires après un parcours de plusieurs années de débats publics, dont une convention citoyenne, puis législatifs. C'est donc une étape essentielle vers la mise en œuvre effective de ce texte, réforme sociétale majeure et marqueur du second quinquennat d'Emmanuel Macron.

De manière inhabituelle, le chef du Gouvernement, Sébastien Lecornu, avait lui-même saisi le Conseil constitutionnel, l'interrogeant notamment sur les dispositions liées à la clause de conscience ainsi qu'aux adultes sous tutelle et curatelle. Quatre autres saisines avaient été déposées. Hormis ses trois réserves, le Conseil a rejeté l'ensemble des contestations.

Celles-ci concernaient notamment la définition jugée trop imprécise de l'aide à mourir, les conditions d'accès, accusées d'être trop larges ou imprécises, et le délai de réflexion pour confirmer sa demande d'aide à mourir, jugé trop court par certains.

Aux termes de la loi, un patient peut être aidé à mourir s'il est majeur, Français ou résident de longue date, souffrir physiquement de manière insupportable, et capable de formuler, jusqu'au dernier moment, son choix de façon éclairée. Enfin, il doit être atteint d'une affection "grave et incurable", en phase terminale ou "avancée".

Une fois le feu vert médical donné, le patient devra attendre un minimum de deux jours avant que l'acte soit accompli. Il devra encore confirmer son choix le jour même. Le patient devra s'administrer lui-même le produit létal, sauf s'il en est physiquement incapable, auquel cas un soignant peut accomplir l'acte.

[avec AFP]

Faut-il imposer à tous les généralistes libéraux d'être le médecin traitant d'au moins 500 patients ?

Pascale Debenest

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Non

J'ai choisi médecine libérale justement pour être libre d'organiser mes journées comme je l'entends . Je suis en campagne (bourg d... Lire plus

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ROMAIN L
20,2 k points
Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 2 mois
Mon avis personnel demeure inchangé : nous ne regardons pas au bon endroit. L'euthanasie, c'est-à-dire le fait de donner la mort à une personne qui, manifestement, souffre "pour rien", s'est toujours pratiquée en France. Simplement, elle se pratique sans cadre juridique, dans la discrétion et dans l'intimité. Pourquoi ? Pour deux raisons : - La première est celle que personne n'oublie jamais : par principe. La vie est sacrée. C'est notre héritage culturel chrétien. - La seconde est moins évidente, mais peut-être encore plus importante : parce qu'estimer qu'une vie ne vaut plus la peine d'être vécue est un acte profondément subjectif. Aucun critère objectif ne pourra jamais décrire parfaitement une réalité individuelle. Cette nouvelle législation est donc, de mon point de vue, le double marqueur de l'effondrement des valeurs françaises collectives et de l'avancée du totalitarisme sociétal. Je fais partie de ceux qui pensent que ce n'est pas le rôle de l’État de définir ce qui est bien ou mal et de s'immiscer dans les moments les plus intimes de nos vies. Autrement dit, je pense que le rôle de l’État n'est pas d'organiser la vie en commun jusqu'au dernier degré, mais simplement d'offrir des conditions propices au développement de la nation : paix civile, règles de commerce, services de secours, défense des intérêts stratégiques. Demander à des inconnus la permission pour mourir, je trouve ça totalement infantilisant.
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Michel Rivoal
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Plume
Anesthésie-réanimation
il y a 2 mois
J’aurais trouvé curieuses la plupart des réactions à cet avis du Conseil Constitutionnel si elles n’émanaient pas des mêmes personnes qui réitèrent leurs commentaires dans plusieurs contributions. c’est par ailleurs parfaitement leur droit. Liberté d’expression, liberté d’opinion, liberté de conscience. Je pose une autre question. Est ce que la liberté (le droit) des peuples à disposer d’eux mêmes serait à refuser aux individus qui le compose, ce peuple. Parce que l’on parle de l’euthanasie et de faire mourir alors qu’il est légiféré sur le droit à mourir (dans la dignité) par l’aide à mourir, donc un acte volontaire et personnel et non pas imposé, éventuellement assisté par une tierce personne en cas d’impossibilité à réaliser le geste soi même. Et l’on respecte cette tierce personne, puisque son refus est accepté dans le cadre de la clause de conscience. On a beau invoquer la tradition chrétienne de la France en oubliant la laïcité tout en fustigeant les autres religions si elles se mêlent d’interférer avec la loi. La laïcité s’applique à tout le monde (avec ou sans pratique religieuse) et ne condamne que les excès ostentatoires, les discriminations, les appels à la haine … La loi est donc adoptée et c’est la règle en démocratie que de de la respecter. Certains la trouveront «trop», d’autres «pas assez». Il se trouvera sans doute un jour une initiative pour la modifier qui devra passer par le débat et pas par l’invective. Certains penseront que ceux qui ne pensent pas comme eux sont des extrémistes. D’autres penseront qu’il faut passer par un referendum en oubliant les conclusions des comités citoyens. Ce débat sur les soins palliatifs et l’aide à mourir, malgré sa séparation en deux projets de lois et malgré sa durée est à mon sens un modèle du genre et devrait pouvoir être reproduit plus souvent dans les avancées sociétales.
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Binocle Lulu
5,2 k points
Débatteur Passionné
Ophtalmologie
il y a 2 mois
Aux président, ministres, députés, sénateurs, membres du Conseil Constitutionnel et autres partisans acharnés de l'euthanasie : Tel le général Bonaparte au Pont d'Arcole, prenez le drapeau français et élancez-vous tous pour être piqués dans les premiers. Montrez-nous l'exemple.
 
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