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Valium, Ketamine... l'interne volait des ordonnances en stage pour s'autoprescrire des médicaments

L’interne, âgé de 41 ans, est accusé d’avoir volé ces ordonnances dans le cadre de stages dans des cabinets médicaux et des centres hospitaliers. De la kétamine, du valium et du cannabis ont été retrouvés à son domicile. Il affirme consommer pour lutter contre son anxiété et retrouver le sommeil. 

24/03/2026 Par Alexis Vignais
Internat
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Un interne en médecine s’est retrouvé à la barre du tribunal correctionnel du Puy-en-Velay, jeudi 19 mars. Il est accusé d’avoir volé des ordonnanciers chez des tuteurs, lors de ses stages dans des cabinets médicaux et des centres hospitaliers. Le carabin, âgé de 41 ans, aurait même utilisé des ordonnances d’un médecin généraliste, mort depuis 2013. Au total, c’est 523 ordonnances vierges qui ont été retrouvées au domicile de l’interne dans le cadre d’une perquisition.

Une découverte qui découle, à l’origine, d’une enquête pour fausse agression. En effet, en avril 2024, les pompiers et le Smur interviennent pour secourir un homme qui présente des plaies sur les bras. Entendu à plusieurs reprises, il finit par avouer à l’enquêtrice qu’il n’a pas été agressé, mais qu’il a essayé de mettre fin à ses jours.

L’enquête mène donc à cette perquisition, où en plus de ces ordonnances, les enquêteurs retrouvent deux ampoules de kétamine, deux ampoules de Valium ainsi qu’un bout de résine de cannabis. La CPAM vérifie alors les ordonnances du quadragénaire et découvre qu’il s’est auto prescrit, au minimum dix-huit fois, des médicaments sur les listes 1 et 2 des pharmacies (psychotropes et anxiolytiques).

Des faits reconnus par le prévenu à la barre du tribunal qui  affirme que "c’est une pratique courante parmi les internes". Et concernant les produits ? L’interne affirme qu’il ne consommait pas pour "le plaisir" mais pour "arrêter mon anxiété" et retrouver le sommeil.

"Il n’est pas un trafiquant"

À la barre, il soutient que les différentes prises médicamenteuses ne l’ont jamais dérangé pour exercer dans les différents services où il était affecté ou auprès de patients lorsqu’il était en libéral. Pour le parquet, le quadragénaire a "foulé aux pieds les valeurs du serment d’Hippocrate, les valeurs de sa profession". L’avocate de la défense insiste sur les appréciations élogieuses de certains des maîtres de stage et met également en avant les 144 jours de sevrage de son client. En revanche, elle réfute le fait que la CPAM se constitue partie civile : "Il a payé la plupart de ses produits. Il n’est pas un trafiquant."

Le parquet a requis trente mois de prison, dont dix-huit mois avec sursis, et une interdiction d’exercer une profession médicale ou paramédicale pendant cinq ans. Le tribunal rendra sa décision le 23 avril.

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