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Déserts médicaux : "La loi Garot ne permet aucune installation supplémentaire"
Ce jeudi 11 juin, les sénateurs se pencheront sur la proposition de loi Garot, qui instaure une régulation de l'installation dans les zones les mieux dotées. Un texte qui ne fera qu'aggraver les difficultés d'accès aux soins rencontrées par les Français, juge le Dr Michaël Rochoy, généraliste à Outreau (Pas-de-Calais), dans une tribune qu'Egora publie.
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La proposition de loi Garot sera examinée au Sénat ce jeudi 11 juin. Elle prévoit d’interdire l’installation des généralistes (si, si !), au creux de la densité de médecins libéraux, face à la population la plus âgée de notre histoire et à près de 7 millions de Français sans médecin traitant ! Le « raisonnement » tenait en une phrase : interdire l’installation à Trifouillis-sur-Mer incitera les jeunes médecins à filer à Trifouillis-les-Oies (où ils avaient refusé, contre une prime de 50 000 euros).
Cette loi a déjà passé l’étape de l’Assemblée nationale. Sans surprise : avant elle, on a formé trop peu de médecins pour remplacer les retraités, puis découragé l’exercice solo, avant de s’étonner qu’il manque de médecins et qu’ils sont regroupés ailleurs qu’en face du café-épicier-boulanger du village. La loi Garot ne permet aucune installation supplémentaire : elle ajoute un frein et, donc, ne peut que réduire le nombre de médecins en exercice. Et l’interdire à Trifouillis-sur-Mer pénalise aussi les patients de Trifouillis-les-Oies, qui faisaient quinze minutes de route pour s’y faire soigner. Avec moins de temps médecin disponible, tout le monde perd...
[En commission], le Sénat a eu une bonne idée : enterrer l’interdiction (avant une éventuelle résurrection). Mais il propose le conventionnement sélectif, qui pose le même problème : un frein à l’installation, donc moins de temps médecin. Exigeons de chaque mesure son "bilan médecin gâché", tel un bilan carbone. Le certificat de crèche, rendu obligatoire par décret en 2021 : 500 000 par an, soit l’activité de 100 généralistes à temps plein (si tous menaient à un acte dédié ; heureusement, nous en torchons la plupart par mail ou sur un coin de table). Les arrêts courts et congés enfant malade : 10 % de notre activité, 5 000 médecins à temps plein. En quelques articles contre les certificats absurdes, on rendrait 10 % de capacité de soins partout, déserts compris… La prévention (qualité de l’air dans les écoles, lutte contre alcool-tabac, etc.) en rendrait encore davantage. La vaccination par les pharmaciens nous a rendu du temps : multiplions ces rares bons exemples !
Au final, une seule question devrait guider le législateur face à une nouvelle loi : augmente-t-elle le temps médecin disponible ?
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