"Je n'avais pas vocation à être lanceur d'alerte" : un médecin de Mulhouse raconte l'arrivée du Covid | egora.fr
PUB

Vous êtes ici

A+ A-

"Je n'avais pas vocation à être lanceur d'alerte" : un médecin de Mulhouse raconte l'arrivée du Covid

"Le virus est là": aux avant-postes de la pandémie du coronavirus à Mulhouse, le médecin généraliste Patrick Vogt, 64 ans, a été l'un des premiers à tirer la sonnette d'alarme en mars 2020 alors que le Covid-19 s'apprêtait à déferler sur la France.

"Je n'avais pas vocation à être 'lanceur d'alerte'. J'ai juste raconté ce que j'ai vu. C'était impressionnant, un moment d'histoire." Le praticien, qui reçoit l'AFP dans son cabinet du quartier ouvrier Bel Air, se remémore ces journées charnières de février et mars 2020 lorsque, il y a presque un an, sa ville natale, puis la France entière, ont basculé dans une nouvelle ère, celle de la pandémie, dont elles ne sont toujours pas sorties.

Le virus, d'abord localisé en Chine, faisait déjà des ravages en Italie. En France, des cas positifs avaient été localisés, dans les Alpes ou dans l'Oise, mais officiellement, "tout était sous contrôle", poursuit, avec une lueur d'ironie dans les yeux, ce père de deux grands enfants, marié à une assistante sociale et généraliste à Mulhouse depuis 1986.

 

"Déni total"

Fin février, lui-même pense avoir attrapé le Covid, probablement à son cabinet où il recevait "beaucoup de gens qui toussaient". Suspicion vite balayée par un éminent confrère : il n'y a pas de Covid en Alsace. Pourtant, plusieurs de ses amis médecins tombent à leur tour malade. A ce moment-là, "on travaillait sans masques", pointe le Dr Vogt, qui perdra fin mars un ami gynécologue, emporté à 66 ans par le virus.

Tout bascule le 3 mars 2020. Ce mardi-là, il prend à 18H00 son service de régulation au Samu, à l'hôpital. Un appel à témoins destiné à recenser les participants à un rassemblement évangélique de 2 à 3.000 personnes qui s'était tenu une dizaine de jours plus tôt à Mulhouse, vient d'être lancé. Plusieurs fidèles ont déjà été testés positifs, le risque de dissémination du virus est considérable. "Les téléphones ont explosé. Normalement, on a quelque chose comme 450 appels. Là, on a terminé à 2.500."

"Dès ce moment", les choses...

1 commentaires

D'accord, pas d'accord ?
Débattez-en avec vos confrères.

Vous n'avez pas de compte ?

Inscrivez-vous gratuitement

 

Site d’informations médicales et professionnelles,
Egora.fr s’adresse aux médecins, étudiants des facultés de médecine et professionnels de santé (infirmier, kiné, dentiste…). Nous traitons des sujets qui font le quotidien des médecins généralistes (démographie médicale, consultation, rémunération, charges, relations avec la CPAM, FMC, remplacement, annonces) et plus largement de tout ce qui concerne l’actualité santé : pathologies, médicaments, hôpital, recherche, sciences…